dimanche 1 juin 2008

Chapitre 11

Chapitre 11 : La fin de la résistance

Colin et Agnor arrivaient enfin sur les ruines d'Hydregor où se tenait le campement parmi les fugitifs. Cela faisait plusieurs jours qu'ils fuyaient à en perdre haleine, traversant de nouveau la forêt blanche en sens inverse, et un soulagement certain s'emparait d'eux.
-Quelle est cette odeur infecte? demanda subitement le jeune roi.
Agnor s'arrêta net et regarda vers le ciel. Colin fit de même et son visage se crispa d'horreur. Dans les branches autour d'eux étaient suspendus des cages en métal contenant les cadavres mutilés de ce qui fut autrefois leurs alliés.
Colin précipita Pendragan et s'élança en direction du camp talonné par le géant. Une odeur de brûlé monta à leur narines.
-Non, ce n'est pas possible ! Cria Colin.
Le camp avait été ravagé, tout avait était détruit par les flammes et ce fut à peine si l'on distinguait les carcasses encore fumantes des soldats parmi les cendres des bâtiments. Le visage du jeune garçon était encore une fois défiguré par l'horreur.
-Mère ! Cria-t-il en mettant pied à terre et courant vers le lieu où la reine Dorine se reposait autrefois. Il écarta les ruines qui gênaient l'entrée et pénétra dans la pièce sombre. La reine Dorine était encore là, toujours allongée là où il l'avait quittée, mais le corps complètement carbonisé. Colin se jeta à genoux en sanglots.
Agnor resté à l'extérieur était saisi du même sentiment de terreur en observant la dépouille de ce qui était il y a quelques jours encore le berceau de l'espoir.
Colin sortit enfin, le visage baissé. Agnor se sentait démuni, quels mots aurait-il bien pu trouver pour aider le jeune garçon? Aucun dans un moment comme celui-ci, alors il baissa le visage lui aussi.
-Ça ne devait pas se passer comme ça, dit Colin.
Soudain du bruit se fit entendre dans les feuillages alentours.
-Qui va là ? scanda Colin.
-Du calme messires, ce n'est que moi, dit-une voix fatiguée.
Le jeune garçon reconnu la mystérieuse vieille femme en haillons qui était venu lui parler à son arrivée au camp.
-Toi ! Cria t'il en l'empoignant par le col et la traînant jusqu'à lui, son épée à la main. Pourquoi est-ce qu'il t'ont épargnée, répond sorcière ! Cria-t-il en la menaçant de son arme.
-Pitié, pitié monseigneur.
-Tu es avec eux c'est ça ?
-Non, non, je n'ai rien à voir avec eux, pitié.
-Explique toi, hurla le jeune roi.
-Je n'ai fait que me cacher monseigneur, que me cacher.
-Tu savais qu'ils allaient venir, tu le savais !
-Non je ne le savais pas, je le jure, j'ai juste eu le temps de me cacher, me cacher...
-Et... ma mère demanda t-il en pleurant ?
-Elle est morte dans son lit un jour avant l'attaque monseigneur. Elle n'a pas assisté à ce massacre. Le vieux Amadeus et nous tous l'avons beaucoup pleurée.
-Amadeus...
Colin, en larmes, la relâcha violemment puis se retourna vers Agnor.
-Tout est fini maintenant, à quoi bon ! Il n'y a plus rien que nous puissions faire, nous sommes seuls Agnor, tous seuls ! Dit-t-il au bord du désespoir.
Le géant pensa soudainement à son peuple et son coeur se serra.
-Retournons dans ma vallée chercher de l'aide, proposa t-il.
-Je vous le déconseille messire, dit la vieille femme.
-Pourquoi ? Demanda Colin.
-Parce que le seigneur noir vous attendra sûrement déjà là-bas.
-Alors pourquoi est-ce qu'il ne m'a pas attendu ici même ! Cria colin.
-Je suppose que nous n'étions pas censé échapper à Morgan dit Agnor. Dès qu'ils apprendront cela, ils viendront ici aussi.
-Est-ce que l'armée promise par Karyo est venue ? Demanda Colin à la vieille femme.
-Personne n'est venue.
Colin se tourna vers Agnor.
-Ton roi nous as laissé tomber, s'énerva Colin.
-Non, dit Agnor, jamais mon peuple ne ferait ça. Il a du arriver quelque chose.
-Il ne faut pas rester ici messires, ils vont revenir, s'inquiéta la vieille.
-Mais pour aller où ? Cria Colin d'un air pathétique, au bord des larmes, partagé entre un rire désespéré et la plus profonde tristesse. Hein ? Tout est fini et bien fini maintenant. Nous sommes perdus. Ce n'est qu'une question de temps avant qu'ils ne nous trouvent.
Agnor aurait bien aimé trouvé les mots pour redonner courage et espoir à son jeune compagnon mais il devait lui-même reconnaître que la situation était plus que catastrophique.
-Il faut fuir vers les terres du Sud dit la vieille. Dans le royaume d'Insonmar.
-Ce royaume est aussi sous le contrôle de Korkull, dit Colin.
-Certes, mais étant le point le plus éloigné de sa forteresse les forces en présence y sont moindres.
Colin souffla. La vieille posa une main sur son épaule.
-Tu l'a blessé n'est-ce pas ?
Colin leva la tête.
Qui ça ?
Le Prince Noir.
J'aurai préféré le tuer.
- Tu as fait bien plus que tu ne croies mon jeune roi, oh oui bien plus.

jeudi 15 mai 2008

Chapitre 10

Chapitre 10 : Les blessures de l'âme

Les ombres des flammes dansaient sur les parois rocheuses. Agnor veillait son jeune ami qui s'agitait dans sa fièvre, pris de soubresauts.
Colin était ailleurs, hors du temps, dans un espace blanc vide et infini. Il s'essaya à quelques pas.
-Ou suis-je ?, hurla t-il.
Sa voix résonna et ne lui renvoya pour seule présence que son propre écho. Colin pris une expression de profonde inquiétude. C'est à ce moment qu'elle lui apparu à nouveau.
-Qui es-tu à la fin ? Demanda-t-il.
-Je suis Delilah, fille d'Eronne.
-Pourquoi est-ce que tu rentres dans ma tête ?
Elle sourit.
-Pendragan t'attendra à deux lieux d'ici vers le sud. Réveille toi maintenant, dit-elle en lui soufflant du sable au visage.
Colin se protega puis ouvrit les yeux. La réalité revenait à lui, sa douleur avec.
-Kassar et les autres, ils sont tous morts n'est-ce pas ?
Agnor aquiesca tristement de la tête. Colin fixa le plafond un long moment.
-Où sommes-nous Agnor ?
-Dans une grotte isolée, mais nous ne pourrons pas rester ici éternellement.
-Je sais, dit Colin. Mais je ne sais pas si je pourrai marcher. Je souffre tellement.
Le géant se leva subitement et l'empoigna par le bras. Le jeune garçon cria de douleur.
-S'il vous plait majesté, supplia Agnor.
Le géant le pris dans ses bras et il sortit précipitement de la sinistre caverne.
C'était le petit jour. La neige avait recouverte toutes les traces. Agnor marcha d'un pas rapide, le garçon toujours dans ses bras.
Colin se laissait porter, trop épuisé pour résister, et le regard vacillant il fixait le paysage blanc qui défilait devant ses yeux. En face de lui, là-haut sur un rocher, se tenait un cerf majestueux qui semblait le fixer. Colin était fasciné mais ne pût discerner si le cerf était réel ou le fruit de sa fièvre.
A deux-lieux de là ils retrouvèrent Pendragan, sur le dos duquel Agnor déposa le jeune garçon avant de poursuivre leur fuite.
Dans l'immense cité des glaces, Morgan émergeait d'un sommeil pénible. En ouvrant les yeux il aperçut le visage de celle qui ne le quittait plus depuis des semaines. Mirna était assise à côté de lui, et attendait, visiblement, son réveil. Ses yeux se levèrent vers elle, il commençait à esquisser un sourire quand une douleur foudroyante le frappa de plein fouet.
-Ta joue, lui cria t'elle en lui prenant le bras. Je t'ai recousu comme j'ai pu, mais ça laissera une sale cicatrice. Enfin, tu n'es plus à une près.
-Sur le visage si, marmonna t'il.
Elle lui passa tendrement la main sur sa joue. Mirna ne savait rien de la bataille de la veille. Elle le regardait de ses grands yeux noirs, en souriant, comme s'il était un gamin. Morgan regarda la chambre dans laquelle il était, de hauts plafonds tenaient des murs blancs et épurés que quelques rideaux égaiyaient un peu.
-Aide-moi à me lever, lui demanda-til.
Il prit appui sur elle et se leva péniblement. Il avança jusqu'à un grand miroir qui ornait un des mur et inspecta la balafre qui lui ornait le visage. Son torse nu était lui aussi couvert de bleus et petites plaies. Il trempa ses mains dans une petite fontaine pour les porter ensuite à son visage. Alors qu'il se retournait pour chercher ses vêtements Morgan vacilla et Mirna se précipita pour le rattraper de justesse avant que celui-ci ci ne s'effondre sur le sol.
-Tu es plus affaibli que tu ne veux bien le croire, lui dit-elle.
Morgan tourna la tête et regarda le visage de celle qui le tenait dans ses bras, pendant un instant ils oubliaient tout le reste.
Ils furent sortis de leur rêverie par le claquement de la porte qui s'ouvrit sûbitement.
-Prince Morgan, mon père demande à vous voir annonça la jeune Delilah.
Morgan fit signe de la tête qu'il allait arriver et Delilah sortit de la pièce. Mirna aida le jeune guerrier à faire quelques pas et à enfiler des vêtements propres.
-Ne quitte pas cette pièce, lui ordonna t'il avant de sortir.
Il parcourut un long couloir qui mena à un autre long couloir et enfin à une grande salle où siégeait les elfes. Autour d'une grande table ronde étaient présent les principales figures importantes des Terres Elfiques.
-Nous n'attendions plus que vous Pince Morgan dit le roi Eronne, le dévisageant de ses yeux inquiétants.
Le Prince Noir prit place sur un siège libre à côté de Nekor.
- Ce gamin a réussi à tailler ta jolie peau, s'esclaffa ce dernier vulgairement.
Morgan ne répondit pas et conserva un visage impassible et concentré. Dans l'encadrement de la porte, la princesse Delilah observait la réunion.
- Comme je le disais à l'instant, repris Eronne, seule une partie de cette opération aura échouée.

samedi 12 avril 2008

Chapitre 9

Chapitre 9 : Du sang sur la neige

La plaine était silencieuse. Le vent s'était calmé.
-Agnor, je te confie Colin, ordonna Kassar.
Le géant s'approcha du jeune roi. Il ne pouvait pas rêver meilleur protecteur. Colin regarda le colosse qui lui faisait de l'ombre, puis son regard se dirigea à nouveau vers Morgan. La peur et l'excitation se mélaient en lui. Ca y est. Il y était enfin.
Ce sont les hommes de Morgan qui lancèrent le premier assaut, en courant et hurlant comme des bêtes sauvages. Les soldats d'Armonia – ou plutôt ce qu'il en reste – se mirent au devant pour encaisser le choc. Ensuite ce fut la cohue. Des bruits de métal qui s'entrechoquent, de neige qui craque sous les bottes, de crânes fracassés, la neige se maculait de sang. Colin, protégé par Agnor, regardait tout autour de lui à la recherche de la seule personne qu'il voulait affronter. Il n'eu pas à attendre bien longtemps.
Avant qu'il n'ai eu le temps de réagir, Morgan avait déjà envoyé dix hommes sur le géant pour découvrir le jeune Roi.
-Tu va payer, cria Colin en se jetant sur lui de toute ses forces.
Morgan para le coup au dessus de sa tête. Colin, dans un état second, sa force décuplé par sa haine, enchainait les coups d'épées tous plus féroces les uns que les autres.
-Tu va t'épuiser pour rien gamin, lacha Morgan.
Néanmoins celui-ci devait bien reconnaître que le « gamin » se débrouillait plutôt bien. Il parvenait même à bloquer les coups du prince noir.
Kassar était pris à parti par Nekor et les deux hommes se battaient avec rage. Nekor enfonca plusieurs fois sa masse cloutée dans le bouclier déformé de Kassar qui répondait aussitôt par des coups d'épées bien avisés. Kassar était un des meilleurs guerrier d'Armonia. Tout comme Colin, le sang royal coulait dans ses veines. Il fit reculé le barbare plusieurs fois mais ne parvenait pas à lui porter le coup fatal.
Agnor lui se débarassait de ses assaillants un par un. Son immense masse ne pouvant être stoppée par aucune armure, aucun bouclier. Bientôt il rejoint Colin et les deux hommes se mirent à attaquer Morgan. Alors que Morgan recula pour éviter un coup de massue, Colin se précipita et abattit son épée en avant. Un flot de sang jailli du visage de Morgan. Il porta sa main sur son visage pour en receuillir le précieux liquide. Il avait la joue déchirée.
-Enfoirés, cria t'il.
D'un revers du bras il riposta tellement fort que malgré la parade, le bout de la lame s'enfonca dans le flanc du jeune Colin qui tomba à la renverse. Et alors que le géant s'aprochait pour défendre son jeune ami, un son de corne se fit entendre au loin.
-Les elfes, ils arriven,t cria un soldat de l'armée noire.
Morgan profita de ce moment d'inatention pour attaquer Agnor et le faire basculer par dessus un cadavre. Il se retourna vers Colin encore au sol et alors qu'il allait se jetait sur lui Kassar arriva en courant et lui d'un donna un coup d'épaule tellement puissant que les deux hommes s'envolèrent et s'écrasèrent au sol.
-Prend Colin et fuyez, hurla t'il à l'attention d'Agnor.
Agnor et Colin se redressèrent en même temps, le géant l'empoigna et le fit basculer sur son dos. Derrière la voix de Nekor resonna.
-Ne les laissez pas s'échapper, il nous faut le gamin.
Agnor lutta pour puiser dans toutes les forces qui étaient à l'intérieur de lui. Il se dégageait de ses asseillants et courait le plus vite possible, loin de cette terre de malheur.
Sur le dos du géant, Colin vis Nekor se précipiter vers Kassar au sol qui retenait Morgan, et lui enfoncer sa masse dans le dos. Kassar hurla de douleur et lacha prise. Morgan se redressa et les deux hommes se défoulèrent sur le corps du guerrier au sol.
Au loin les elfes arrivaient à dos de chevaux. Bientôt les soldats du bien allaient tous périr. Encore une fois. Colin se mit alors à trembler.
De longues minutes s'écoulèrent, Agnor s'enfonçait au plus profond des bois. Là où personne ne pourrait le retrouver malgré les traces de pas qui s'imprimaient dans le sol. Comme une réponse divine, la neige se mit à tomber à nouveau en gros flocons qui recouvrirent bien vite le sang de ce qui fût une triste bataille de plus.
Derrière, les elfes et l'armée noire étaient à la recherche des deux fugitifs. On pouvait les entendre crier au loin.
-On vous retrouvera. Ca ne sert à rien de se cacher.
Agnor n'y faisait pas attention. Il gravit de gigantesque rochers, s'enfonça dans les sous-bois les plus sombres, jusqu'à devenir invisible.
La nuit venue ils n'avaient pas encore été retrouvés. Les deux jeunes hommes avaient trouvé refuge dans une des nombreuses grotte de la forêt blanche.
Colin était étendu sur le sol, gelé. Du sang s'écoulait de son flanc. Agnor le déshabilla et commenca par lui faire un bandage.
-Tu as de la chance, la lame n'est pas rentrée trop profondément.
Colin pleurait et gémissait. Agnor alluma un feu avec ce qu'il put trouver de bois sec et d'herbes aux alentours de la grotte. Il se demandait si le jeune garçon allait finir la nuit.

samedi 29 mars 2008

Chapitre 8

Chapitre 8 : Confrontation

Au delà d'un lac gelé se dressait un escalier où de longues colonnes blanches supportaient un édifice en pierre surmonté d'une tête de cerf, l'animal sacré des forêts elfiques. La porte de la cité des glaces. Cette immense ville devait son nom à la couche de neige qui l'entourait constamment et qui donnait l'illusion qu'elle fût batie de glace.
Nous y sommes, dit Kassar.
Exactement comme mon père me l'avait décrit, rajouta Colin. La cité des glaces, chuchota t'il en regardant au loin.
Agnor, comme à son habitude, contemplait les merveilles d'une nouvelle civilisation étrangère.
Allez, avançons, commanda Kassar.
A quelques pas de là, des hommes en armures noires épiaient les faits et gestes de Colin et ses amis.
Attendez encore, dit la voix de Morgan qui les regardait en souriant.
Colin et les siens s'avançaient prudemment vers le lac gelé.
Nous allons passer par ici, decida Kassar.
La glace va t'elle supporter le poids d'Agnor, demanda Colin.
Oui, ne vous inquiètez pas pour ça, la glace est solide. Mais soyez prudent tout de même, on ne sait jamais.
Colin et Agnor acquiescèrent et firent un pas en avant. Ils avançaient lentement, pied à terre et les chevaux à la main, en direction de la porte géante.
Subitement, alors qu'ils étaient déjà bien engagés sur la surface dangereuse, un sifflement strident se fit entendre et des flèches enflammées s'abbatirent en cercle tout autour d'eux.
Mais qu'est-ce que ... s'inquièta Colin.
A l'abris, cria Kassar, en décrochant le bouclier accroché à son dos.
Colin s'habrita derrière alors que les chevaux affolés s'éloignèrent au galop.
Agnor ne reste pas comme ça, lui cria Colin.
Le géant était debout, près au combat.
Une seconde, puis une troisième raffale de flèches traversèrent le ciel.
Pourquoi est-ce qu'ils ne nous visent pas, demanda Colin ?
Regarde pourquoi, dit Kassar, en lui désignant la glace qui commençait à fondre sous leurs pieds.
Agnor vite, éloigne toi, cria Kassar.
Le pauvre géant devenait malgré lui l'instrument de leur perte alors que le sol commenca à chavirer sous leur poids. Ils tombèrent dans l'eau glacée.
Des ombres sortirent des bois, des soldats de Korkull, Morgan a leur tête. A ses côtés, son compagnon Nekor.
Regarde les ces chiens, pourquoi est-ce qu'on leur a appris à nager, dit Nekor.
Au loin Colin et les siens tentaient tant bien que mal de remonter sur la plate forme glacée. Quand ils y parvinrent enfin, l'horizon était vide.
Où sont-ils passés ? demanda Colin.
Ils se cachent dit Agnor.
Nos équipements, les chevaux, nous n'avons plus rien, dit Colin.
Il nous reste nos armes répondit Kassar, c'est tout ce dont nous avons besoin.
Mais Pendragan ! Il faut aller le chercher cria Colin.
Non, c'est exactement ce qu'ils attendent qu'on fasse, dit Kassar. Il faut continuer.
Regardez, là-bas ! cria Agnor.
Du côté opposé se tenait une jeune elfe.
C'est la fille de mon rêve, cria Colin.
A peine eu t'il finit sa phrase qu'il s'abbatit à genoux en criant sur la glace, les mains sur la tête. La voix de la jeune femme résonna dans sa tête.
Partez, faites demi-tour et partez tant qu'il est encore temps, dit-elle.
Kassar et Agnor aidèrent le jeune garçon à se relever.
Elle nous demande de partir, dit-il enfin.
« Veut-elle nous aider ou nous conduit-elle dans un piège » se demanda Kassar.
Au moins nous avons la réponse que nous étions venus chercher, dit Kassar.
Derrière aux, des hommes sortirent des bois à nouveaux.
Ils reviennent! cria Colin.
Non, dit Kassar. Voilà notre salut.
En effet les hommes qui sortaient cette fois-ci des bois étaient bien des soldats d'Armonia. Une vingtaine en dénombra Colin.
Mais comment est-ce possible demanda le jeune garçon ?
Ils sont là parce que je leur ai demandé de nous suivre, dit sèchement Kassar.
Sans m'en informer, s'inquièta Colin ?
C'était plus prudent ainsi, répondit-il.
Je comprend, ils ont fait fuir nos ennemis, dit Agnor.
Kassar éclata d'un rire nerveux.
Morgan, fuir ? Tu ne connais rien de nos ennemis mon cher Agnor.
Derrière la jeune elfe avait disparue à son tour. Les trois amis regagnèrent la berge où les attendaient les leurs qui avaient récupéré leurs chevaux.
Où sont-ils passés ? S'inquièta Kassar.
Ils se sont éloignés quand nous nous sommes approchés, dit le responsable des soldats. Il faut partir avant qu'ils ne reviennent plus nombreux.
Ils sont encore ici dit Agnor désignant la forêt.
La silhouette de Morgan se dessina devant eux, suivi de près du semi-géant Nekor, accompagnés d'une véritable petite armée d'une cinquantaine d'hommes. « La fête est au complet maintenant » dit-il.
Sortez vos boucliers, cria Kassar.
Agnor prit sa lourde masse et la dressa de manière inquiétante. Colin s'empara de la lourde épée de son père accrochée dans son dos, qu'il tint à deux mains. Il devisagea Morgan, les deux ennemis se rencontraient enfin.

samedi 22 mars 2008

Chapitre 7

Chapitre 7 : La forêt blanche

Colin et Kassar chevauchaient alors qu'Agnor courait à leurs côtés. « Il est infatigable » s'exclama Kassar en regardant Agnor. Ils avaient quitté les bois perdus et se dirigeaient maintenant vers les terres glacées du nord, bien couverts sous des capes et de longs manteaux. On pouvait apercevoir les sommets enneigés au loin.
Allons-nous devoir les traverser ? Demanda Colin.
Non, nous longerons juste le flanc de la montagne répondit Kassar.
Cette réponse sembla rassurer Colin. Il savait ce qui se trouvait au delà des montagnes plus à l'Est, le domaine du seigneur Noir. Colin contempla un instant le ciel vers l'Est, comme s'il pouvait saisir le mal qui s'en émanait.
Agnor lui contemplait les sommets enneigés comme un enfant. « C'est beau » dit-il.
Le soir ils atteignèrent le flanc de la montagne. Une épaisse et dense forêt recouverte de neige jusqu'à la cime des arbres. Kassar aperçut une grotte creusée dans la roche et décida qu'ils allaient passer la nuit ici. Colin s'endormit difficilement, il faisait tellement froid malgré le feu de camp qui se consumait.
Alors qu'il venait juste de trouver le sommeil, Colin entendit une voix qu'il ne connaissait pas. « Colin, Colin » répéta une voix douce et sensuelle de femme. Colin ouvrit les yeux. A ses côtés ses deux amis dormaient profondément. Il se redressa et regarda tout autour de lui, la petite grotte était déserte. Il allait se rendormir quand il perçut la voix à nouveau, « Co - lin » entendit-il distinctement. Cette fois il se redressa d'un bond « qui est là? » scanda t'il en saisissant son épée. Le jeune garçon s'approcha de la sortie de la grotte, tenant son arme en avant de ses deux mains. On entendait des loups crier au loin, ce qui ne fît qu'accroitre la peur du jeune garçon. En effet les deux lunes dans le ciel étaient bien pleines. Pendragan et le cheval de Kassar bougeaient dans tous les sens essayant de se détacher. « Ho là, du calme Pendragan » fit Colin d'un ton qui n'était pas très convaincant.
Puis il aperçut sa mère, à genoux dans la neige.
Mère ! dit'il en s'approchant. Comment-êtes vous arrivé jusqu'ici ?
Colin, pourquoi est-ce que tu m'as abandonné ? Dit la femme en pleurant.
Je ne vous ai pas abandonné, pourquoi dites-vous une telle chose mère !
Pourquoi est-ce que tu me fais endurer tout ça ?
Qu'ai-je fait mère ?
Tu n'a pas su protéger ton père et ton frère, et maintenant c'est moi que tu laisses mourir.
Le visage du jeune garçon s'embua de larmes.
Fils indigne, tu me tues Colin.
Il s'approcha pour tenter de la relever en la saisissant par le bras « vous perdez la raison mère ». Le visage de la femme se transforma soudain en celui d'une jeune fille aux traits tirés et aux oreilles pointus lui lançant un large sourire menaçant. « Embrasse-moi » dit celle-ci en approchant son visage du sien. Colin stupéfait planta instinctivement sa lame dans le ventre de la créature qui tomba le visage dans la neige. « Bon sang, mais qu'est-ce qu'il se passe ici ?». Il resta un moment immobile à regarder ce corps qui ensanglantait la neige. Après une longue hésitation et prenant son courage à deux mains, il retourna le corps pour voir le visage. Il avait besoin d'être sûr. Le visage de la reine Dorine se dessina devant ses yeux. Il mit sa main devant sa bouche, puis pris d'un haut le coeur il vomit ses tripes sur la neige.
Colin sentit soudain une main qui lui agrippait le bras. Il se redressa brusquement. C'était Kassar. Il était toujours dans la grotte, ce n'était qu'un rêve.
J'ai fait un horrible cauchemard, dit le jeune garçon, je crois que j'ai vu une Elfe.
Les Elfes peuvent contrôler nos rêves jeune Roi, ils viennent chuchoter la nuit aux oreilles des hommes réveillant leurs peurs les plus profondes.
J'ignorais celà dit Colin. Quel genre de créature sont-ils donc ?
Des êtres mystérieux répondit Kassar. Vous avez encore tant de choses à apprendre jeune Roi. Essayez de vous rendormir, demain la route sera encore pénible et longue.
Colin se rallongea et tourna la tête vers Agnor. Le géant était réveillé lui aussi et ils échangèrent un regard. Le géant éprouvait une certaine empathie et une tendresse évidente à l'égard du jeune garçon. « Le monde est si vaste et si étrange en dehors de ta vallée » pensa Colin.
Quelques heures plus tard ils reprirent la route. Le voyage se passa sans encombre. Aucun rêve ne fût troublé par un esprit malfaisant.
Au bout de quelques jours ils aperçurent enfin le bout de la forêt et au loin se dresser la cité des glaces, berceau des Elfes.
« Le moment de vérité » dit Kassar.

mercredi 12 mars 2008

Chapitre 6

Chapitre 6 : En route pour les terres Elfiques

Agnor et ses compagnons étaient enfin arrivés, au bout de plusieurs jours de marche et après avoir traversé le desert qui délimitait la vallée Golom de la terre des Hommes. Le géant était émerveillé devant tant de verdure, c'était donc ça qu'on appelait jungle. Les ruines de ce qui fût autrefois une cité rayonnante provoquèrent en lui un émoi profond. Néanmoins il était anxieux, ne disait-on pas que les bois perdus étaient hantés ? Kassar s'apercevant de son trouble lui dit en riant « ne t'inquiète pas Agnor, il n'y a pas plus de fantômes ici que de fleurs dans ta vallée ».
Colin écarta la foule et vint à la rencontre de Kassar qui mis pied à terre. « Bonne nouvelle jeune roi » dit ce dernier d'un grand sourire. « Oui je vois ça ». Les Goloms s'approchèrent et saluèrent Colin. Le jeune garçon oubliait parfois qu'il était roi maintenant. Tout cela était si soudain.
Kassar expliqua au conseil l'accord passé avec Karyo. La plupart pensaient que le délai d'un mois était trop long mais après tout, c'était ça ou rien. « Très bien, finit par dire Colin, nous attendrons ».
Mais que font les elfes ? s'inquièta un membre du conseil
On les dit rallier à Karkull, répondit un autre
Il faut en a voir le coeur net, dit Kassar
Très bien, j'irai voir de mes propres yeux, clama Colin
Mais jeune Roi, ce n'est pas à vous de faire ça, réprimanda Kassar
Colin était surtout impatient de tester ses capacités et mettre en application son entrainement.
C'est à moi d'en décider.
Pour la première fois le jeune garçon timide et réservé imposait sa volonté.
Très bien, fit Kassar. Mais je vous accompagnerai dans ce cas.
Les membres du conseil étaient contre cette idée mais n'osaient pas aller contre la volonté du Roi, aussi jeune sois t'il.
« Nous partirons dès demain, il n'y a plus de temps à perdre. Mon retour coincidera avec l'arrivée des troupes de Karyo. Nous pourrons ensuite passer à l'action. » annonca Colin. Puis il se retira, le jeune garçon était épuisé et s'endormit presque immédiatement.
Kassar rejoint Agnor qui était assis avec les siens autour d'un feu. « Alors géant, tes premiers pas dans la vie de petit homme? », Agnor souria mais ne répondit pas. « Nous allons avoir besoin de toi demain, nous repartons dès demain pour les terres des Elfes et un homme aussi robuste que toi ne sera pas de trop. Tes compagnons resteront ici pour protéger le camp. » Agnor fit un signe d'acquiescement. « Très bien, repose toi maintenant, nous partirons à l'aube. »
Le soleil se leva enfin dans le ciel d'Edonia. Toute la petite communauté était au rendez-vous. Colin s'était levé de bonne heure pour préparer ses affaires, Amadeus lui avait confié un grand cheval blanc nommé Pendragan. Le jeune garçon s'affairait à hisser ses bagages sur le dos de l'étalon quand Kassar arriva «Vous êtes prêt jeune roi? », « Je pense oui » répondit ce dernier. Kassar, malgré l'assurance feinte était terriblement inquiet, il craignait pour la vie de son ami. Colin aussi dissimulait son trouble, il ne s'était jamais véritablement battu de sa vie, et si la première fois était la dernière ? Il préfera oublier bien vite cette idée et se concentrer sur l'objectif à atteindre; à savoir, rallier les Elfes si cela était encore possible.
Agnor arriva enfin, portant sur son épaule une immense massue. Colin et Kassar le regardirent d'un air stupéfait. « Je n'aimerai pas me prendre ça dans la gueule » dit Kassar. Agnor sourit, fier. Le géant ne s'était jamais battu non plus pourtant rien ne pouvait l'effrayer.
Très bien, mettons nous en route annonca Kassar.
Attends, fit Colin, j'ai une dernière chose à faire.
Il couru jusqu'à la hutte où se reposait sa mère et se jeta à genoux auprès d'elle. « Mère, mère , je vais partir ». L'ancienne reine Dorine bougea péniblement la tête pour regarder son fils, aucun son ne pouvait sortir de sa bouche. Colin la fixa et la tristesse envahie son visage.
Sur les terres de l'Est, dans l'immense forteresse de l'armée noire, Korkull était assis sur l'immense trône du défunt roi Armon. Le seigneur noir avait fait rapatrier jusqu'ici ce symbole de sa victoire. En effet le trône était magnifique, entièrement en or, il était orné de pierres précieuses rouges ainsi que d'une tête de Kaktar, l'animal légendaire des contes d'Edonia : une sorte de cheval avec des cornes et des dents acérés. Mais il y avait une autre légende qui inquiétait Korkull.
En face de lui, les trois mages étaient agenouillés, l'un tenait dans ses mais un plateau ensanglanté avec un coeur humain. « Oui Monseigneur, sur la terre des Elfes, là-bas sera versé le sang de l'élu. »

lundi 10 mars 2008

Chapitre 5

Chapitre 5 : Les Goloms

Agnor marchait d'un pas nonchalent dans le chemin principal, long de plusieurs kilomètres, de l'immense vallée, ses outils à la main. Encore une journée ensoleillée à tailler dans la pierre. Ce n'était pas un travail des plus plaisant mais c'est tout ce qu'il avait toujours su faire, comme tous les siens. Agnor était un jeune et solide gaillard de près de trois mètres de haut, à l'apparence rustre, il n'en avait pas moins un coeur d'enfant. Les pierres de la vallée Golom étaient très prisées pour leurs qualités et Agnor était un des meilleurs dans son travail. Bien que ces derniers temps, l'exportation était quasiment nulle.
Le géant commencait à escalader les barreaux d'une grande échelle en bois lorsque il aperçut un nuage de poussière s'élever au loin. Il plissa des yeux et regarda attentivement. Cela fait des mois qu'aucun étranger n'était plus venu ici. Il distingua enfin deux cavaliers.
Quelques minutes plus tard il arrivèrent dans le village et la foule curieuse vint les recevoir. Ils demandèrent à être amené au plus vite devant le chef des Goloms. On les guida jusqu'à l'autre bout de l'immense chemin, vers la demeure de Karyo, le plus grand des géants. A leur approche, ce dernier vint à leur rencontre.
Ho là ! Qui êtes vous étrangers ? Demanda Karyo.
Il était impressionant et devait bien mesurer quatre mètres. Il était paré d'étranges bijoux fait de métaux qu'on ne trouve que dans cette partie du monde.
Sire, nous sommes des messagers du roi Colin, fils d'Armon et nous venons d'Armonia. La cité a été détruite par les armées de Korkull et nous venons implorer votre aide, répondit un des messager.
Tiens donc. Que s'est'il passé ? Dit-il en les invitant à rentrer dans son habitation.
Ils rentrèrent à l'intérieur d'une immense caverne semblable à une grotte avec des plafonds très hauts si bien qu'on n'aurait pu deviner de l'extérieur l'immensité de la pièce. Les deux messagers prirent place sur des bancs en pierre et on leur servit de l'eau. L'un d'entre eux était Kassar, le cousin d'Armon, agé de trente quatre ans. Il dirigeait autrefois la grande ville d'Ajax, voisine d'Armonia, avant que celle-ci ne fût détruite.
Il ne reste plus rien... répondit Kassar, et il en sera de même pour tout Edonia, et pour vous aussi Goloms si nous ne faisons rien !
Pourquoi Korkull s'interessaient à nous, il n'y a rien qui l'intéresse ici, regardez autour de vous...
Nous ne savons pas jusqu'où il est près à aller, personne ici ne peut le savoir, mais allez-vous attendre qu'il soit là ? Car si vous faites une telle chose, croyez-moi, vous serez responsable de l'anéantissement des votres ! S'énerva Kassar.
Du calme étrangers ! Je ne vous invite pas pour me faire insulter.
Ecoutez, reprit Kassar, Armonia a toujours entretenu de bonnes relations avec vous, maintenant nous avons besoin de votre aide, sans vous tout est fini.
Ils palabrèrent encore de longues minutes, à l'extérieur les Goloms attendaient, s'inquiétant de la venue de ces étrangers dans leur vallée. Finalement, après ce qui sembla être une éternité, ils se mirent d'accord.
C'est bon, c'est bon... mais quel est votre plan? Abdiqua Karyo.
Nous devons joindre nos forces pour constituer une armée, puis attaquer de façon stratégique dit Kassar.
L'armée de Korkull est immense à ce qu'on raconte... s'inquiéta Karyo.
Elle l'est je peux vous l'assurer... mais nous n'avons pas d'autres choix.
Très bien dit Karyo. Vous allez rentrer chez vous avec quelques uns de mes hommes. Je vais lever une armée et mes troupes vous rejoindront d'ici un mois à l'endroit de votre choix.
Merci, merci beaucoup dit Kassar. Vous étiez notre seul espoir.
Nous n'avons pas pour habitude de faire la guerre, mais mes Goloms sont des hommes vaillants et robustes, puissent-ils changer le cours de ces sombres jours.
Karyo fit signe à un des deux gardes qui attendait à l'entrée, « Trouve leur un abris pour la nuit et donne leur à manger », puis se tournant vers les messagers « Reposez-vous, vous repartirez demain ». « Nous acceptons votre hospitalité » dit Kassar en s'inclinant.
Agnor fût désigné, ainsi qu'une dizaine d'autres Goloms, pour accompagner les deux messagers. Il était excité à l'idée de quitter sa vallée, il n'en était jamais sorti depuis sa naissance. Il ne conaissait du monde extérieur que ce que les marchands lui rapportaient. Mais il savait que son voyage allait peut-être lui coûter la vie.