Chapitre 11 : La fin de la résistance
Colin et Agnor arrivaient enfin sur les ruines d'Hydregor où se tenait le campement parmi les fugitifs. Cela faisait plusieurs jours qu'ils fuyaient à en perdre haleine, traversant de nouveau la forêt blanche en sens inverse, et un soulagement certain s'emparait d'eux.
-Quelle est cette odeur infecte? demanda subitement le jeune roi.
Agnor s'arrêta net et regarda vers le ciel. Colin fit de même et son visage se crispa d'horreur. Dans les branches autour d'eux étaient suspendus des cages en métal contenant les cadavres mutilés de ce qui fut autrefois leurs alliés.
Colin précipita Pendragan et s'élança en direction du camp talonné par le géant. Une odeur de brûlé monta à leur narines.
-Non, ce n'est pas possible ! Cria Colin.
Le camp avait été ravagé, tout avait était détruit par les flammes et ce fut à peine si l'on distinguait les carcasses encore fumantes des soldats parmi les cendres des bâtiments. Le visage du jeune garçon était encore une fois défiguré par l'horreur.
-Mère ! Cria-t-il en mettant pied à terre et courant vers le lieu où la reine Dorine se reposait autrefois. Il écarta les ruines qui gênaient l'entrée et pénétra dans la pièce sombre. La reine Dorine était encore là, toujours allongée là où il l'avait quittée, mais le corps complètement carbonisé. Colin se jeta à genoux en sanglots.
Agnor resté à l'extérieur était saisi du même sentiment de terreur en observant la dépouille de ce qui était il y a quelques jours encore le berceau de l'espoir.
Colin sortit enfin, le visage baissé. Agnor se sentait démuni, quels mots aurait-il bien pu trouver pour aider le jeune garçon? Aucun dans un moment comme celui-ci, alors il baissa le visage lui aussi.
-Ça ne devait pas se passer comme ça, dit Colin.
Soudain du bruit se fit entendre dans les feuillages alentours.
-Qui va là ? scanda Colin.
-Du calme messires, ce n'est que moi, dit-une voix fatiguée.
Le jeune garçon reconnu la mystérieuse vieille femme en haillons qui était venu lui parler à son arrivée au camp.
-Toi ! Cria t'il en l'empoignant par le col et la traînant jusqu'à lui, son épée à la main. Pourquoi est-ce qu'il t'ont épargnée, répond sorcière ! Cria-t-il en la menaçant de son arme.
-Pitié, pitié monseigneur.
-Tu es avec eux c'est ça ?
-Non, non, je n'ai rien à voir avec eux, pitié.
-Explique toi, hurla le jeune roi.
-Je n'ai fait que me cacher monseigneur, que me cacher.
-Tu savais qu'ils allaient venir, tu le savais !
-Non je ne le savais pas, je le jure, j'ai juste eu le temps de me cacher, me cacher...
-Et... ma mère demanda t-il en pleurant ?
-Elle est morte dans son lit un jour avant l'attaque monseigneur. Elle n'a pas assisté à ce massacre. Le vieux Amadeus et nous tous l'avons beaucoup pleurée.
-Amadeus...
Colin, en larmes, la relâcha violemment puis se retourna vers Agnor.
-Tout est fini maintenant, à quoi bon ! Il n'y a plus rien que nous puissions faire, nous sommes seuls Agnor, tous seuls ! Dit-t-il au bord du désespoir.
Le géant pensa soudainement à son peuple et son coeur se serra.
-Retournons dans ma vallée chercher de l'aide, proposa t-il.
-Je vous le déconseille messire, dit la vieille femme.
-Pourquoi ? Demanda Colin.
-Parce que le seigneur noir vous attendra sûrement déjà là-bas.
-Alors pourquoi est-ce qu'il ne m'a pas attendu ici même ! Cria colin.
-Je suppose que nous n'étions pas censé échapper à Morgan dit Agnor. Dès qu'ils apprendront cela, ils viendront ici aussi.
-Est-ce que l'armée promise par Karyo est venue ? Demanda Colin à la vieille femme.
-Personne n'est venue.
Colin se tourna vers Agnor.
-Ton roi nous as laissé tomber, s'énerva Colin.
-Non, dit Agnor, jamais mon peuple ne ferait ça. Il a du arriver quelque chose.
-Il ne faut pas rester ici messires, ils vont revenir, s'inquiéta la vieille.
-Mais pour aller où ? Cria Colin d'un air pathétique, au bord des larmes, partagé entre un rire désespéré et la plus profonde tristesse. Hein ? Tout est fini et bien fini maintenant. Nous sommes perdus. Ce n'est qu'une question de temps avant qu'ils ne nous trouvent.
Agnor aurait bien aimé trouvé les mots pour redonner courage et espoir à son jeune compagnon mais il devait lui-même reconnaître que la situation était plus que catastrophique.
-Il faut fuir vers les terres du Sud dit la vieille. Dans le royaume d'Insonmar.
-Ce royaume est aussi sous le contrôle de Korkull, dit Colin.
-Certes, mais étant le point le plus éloigné de sa forteresse les forces en présence y sont moindres.
Colin souffla. La vieille posa une main sur son épaule.
-Tu l'a blessé n'est-ce pas ?
Colin leva la tête.
Qui ça ?
Le Prince Noir.
J'aurai préféré le tuer.
- Tu as fait bien plus que tu ne croies mon jeune roi, oh oui bien plus.
dimanche 1 juin 2008
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