Chapitre 10 : Les blessures de l'âme
Les ombres des flammes dansaient sur les parois rocheuses. Agnor veillait son jeune ami qui s'agitait dans sa fièvre, pris de soubresauts.
Colin était ailleurs, hors du temps, dans un espace blanc vide et infini. Il s'essaya à quelques pas.
-Ou suis-je ?, hurla t-il.
Sa voix résonna et ne lui renvoya pour seule présence que son propre écho. Colin pris une expression de profonde inquiétude. C'est à ce moment qu'elle lui apparu à nouveau.
-Qui es-tu à la fin ? Demanda-t-il.
-Je suis Delilah, fille d'Eronne.
-Pourquoi est-ce que tu rentres dans ma tête ?
Elle sourit.
-Pendragan t'attendra à deux lieux d'ici vers le sud. Réveille toi maintenant, dit-elle en lui soufflant du sable au visage.
Colin se protega puis ouvrit les yeux. La réalité revenait à lui, sa douleur avec.
-Kassar et les autres, ils sont tous morts n'est-ce pas ?
Agnor aquiesca tristement de la tête. Colin fixa le plafond un long moment.
-Où sommes-nous Agnor ?
-Dans une grotte isolée, mais nous ne pourrons pas rester ici éternellement.
-Je sais, dit Colin. Mais je ne sais pas si je pourrai marcher. Je souffre tellement.
Le géant se leva subitement et l'empoigna par le bras. Le jeune garçon cria de douleur.
-S'il vous plait majesté, supplia Agnor.
Le géant le pris dans ses bras et il sortit précipitement de la sinistre caverne.
C'était le petit jour. La neige avait recouverte toutes les traces. Agnor marcha d'un pas rapide, le garçon toujours dans ses bras.
Colin se laissait porter, trop épuisé pour résister, et le regard vacillant il fixait le paysage blanc qui défilait devant ses yeux. En face de lui, là-haut sur un rocher, se tenait un cerf majestueux qui semblait le fixer. Colin était fasciné mais ne pût discerner si le cerf était réel ou le fruit de sa fièvre.
A deux-lieux de là ils retrouvèrent Pendragan, sur le dos duquel Agnor déposa le jeune garçon avant de poursuivre leur fuite.
Dans l'immense cité des glaces, Morgan émergeait d'un sommeil pénible. En ouvrant les yeux il aperçut le visage de celle qui ne le quittait plus depuis des semaines. Mirna était assise à côté de lui, et attendait, visiblement, son réveil. Ses yeux se levèrent vers elle, il commençait à esquisser un sourire quand une douleur foudroyante le frappa de plein fouet.
-Ta joue, lui cria t'elle en lui prenant le bras. Je t'ai recousu comme j'ai pu, mais ça laissera une sale cicatrice. Enfin, tu n'es plus à une près.
-Sur le visage si, marmonna t'il.
Elle lui passa tendrement la main sur sa joue. Mirna ne savait rien de la bataille de la veille. Elle le regardait de ses grands yeux noirs, en souriant, comme s'il était un gamin. Morgan regarda la chambre dans laquelle il était, de hauts plafonds tenaient des murs blancs et épurés que quelques rideaux égaiyaient un peu.
-Aide-moi à me lever, lui demanda-til.
Il prit appui sur elle et se leva péniblement. Il avança jusqu'à un grand miroir qui ornait un des mur et inspecta la balafre qui lui ornait le visage. Son torse nu était lui aussi couvert de bleus et petites plaies. Il trempa ses mains dans une petite fontaine pour les porter ensuite à son visage. Alors qu'il se retournait pour chercher ses vêtements Morgan vacilla et Mirna se précipita pour le rattraper de justesse avant que celui-ci ci ne s'effondre sur le sol.
-Tu es plus affaibli que tu ne veux bien le croire, lui dit-elle.
Morgan tourna la tête et regarda le visage de celle qui le tenait dans ses bras, pendant un instant ils oubliaient tout le reste.
Ils furent sortis de leur rêverie par le claquement de la porte qui s'ouvrit sûbitement.
-Prince Morgan, mon père demande à vous voir annonça la jeune Delilah.
Morgan fit signe de la tête qu'il allait arriver et Delilah sortit de la pièce. Mirna aida le jeune guerrier à faire quelques pas et à enfiler des vêtements propres.
-Ne quitte pas cette pièce, lui ordonna t'il avant de sortir.
Il parcourut un long couloir qui mena à un autre long couloir et enfin à une grande salle où siégeait les elfes. Autour d'une grande table ronde étaient présent les principales figures importantes des Terres Elfiques.
-Nous n'attendions plus que vous Pince Morgan dit le roi Eronne, le dévisageant de ses yeux inquiétants.
Le Prince Noir prit place sur un siège libre à côté de Nekor.
- Ce gamin a réussi à tailler ta jolie peau, s'esclaffa ce dernier vulgairement.
Morgan ne répondit pas et conserva un visage impassible et concentré. Dans l'encadrement de la porte, la princesse Delilah observait la réunion.
- Comme je le disais à l'instant, repris Eronne, seule une partie de cette opération aura échouée.

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