Chapitre 1 : La fin d'Armonia
Armonia, la grande, la belle, dernière cité prospère sur les terres d'Edonia vivait ses derniers instants. La cité circulaire faisait bien dix kilomètres de diamètre et était entourée d'une grande et solide muraille qui avait durant longtemps dissuadait ses ennemis. Située à la croisée des routes du Nord et du Sud elle était un lieu prisé pour les échanges et ses marchés étaient parmis les plus fameux du monde. Le fleuve Stanix situé à proximité alimentait la ville en eau et les forêts environnantes procuraient de quoi vivre à toute la population.
Le roi Armon lacha la main de son épouse, la reine Dorine, et s'empara de ses équipements. Une terrible journée s'annonçait. Dans les rues, portes et fenêtres avaient été condamnées, seuls quelques animaux errants trainaient, insouciants du danger qui les menaçait. Les femmes et les enfants en larmes fûrent amenés dans la grande salle souterraine, trop petite pour les y accueillir tous. Quelques vieillards se saoulaient dans la taverne comme pour oublier la menace qui était sur le point de s'abbatre sur eux. Autour de la cité de longs piques avaient été plantés dans le sol pour ralentir l'assaut qui semblait imminent. Sur les remparts les archers crispaient leurs mains sur leurs arcs et priaient les dieux d'épargner leur vie et celle de leur famille.
Déjà trois lunes que la ville avait reçu une lettre de rémission. Mais jamais le grand Armon n'aurait laissé ce qu'il tenait de ses ancètres entre les mains du malin. Lui, ce grand guerrier, dont on conte encore les aventures les longues soirées d'hiver. Certes, il était vieux maintenant, les rides profondes sur son visage accusaient l'âge, mais son bras maniait l'épée aussi habilement qu'autrefois.
Le ciel se colora de lourds nuages noir, tandis que le vent glacial faisait frissoner les plus robustes. Le jeune prince Colin, agé de 17 ans, aux cheveux dorés et aux yeux bleus respirant l'innocence, se tenait dans ses appartements quand le vieux Amadeus, fidèle serviteur de la famille royale, amena les premières nouvelles « ils approchent Monseigneur ». Colin savait très bien ce qui attendait son peuple si la ville tombait, ils seraient réduits en esclavage, subiraient tortures et viols et finiraient par mourir de faim ou de maladies. Cette idée lui était insoutenable. Il s'approcha de la fenêtre de sa haute tour et regarda au loin.
Mille chevaux noirs soulevaient milles tonnes de poussières, le sol tremblait et l'on eu creut que la foudre était en train de s'y abbatre si l'on n'avait aperçu les étendards du Seigneur Noir Korkull, accompagné des Orcs menés par leur chef Ragnok et des vampires de Nasgard. Les Orcs étaient cupides et avaient le combat dans le sang, il n'avait pas été difficile pour Korkull de les acheter. Les vampires étaient des créatures fragiles mais leurs longues ailes leur permettait d'être des combattants redoutables.
Armon epperona son cheval et se hissa dessus, à ses côtés se tenait fièrement Shiru, son fils ainé, futur prétendant au trône. La Reine Dorine et son fils cadet fûrent amenés par Amadeus à l'abris par un long passage souterrain qui donnait sur les sous-bois, loin, très loin de la citadelle.
Personne n'osait ouvrir la bouche, tous savaient ce qu'il allait se passer ici. Sans un mot, Armon, suivi de son fils et des plus grands guerriers du royaume s'avancèrent vers les portes de la cité qui s'ouvrèrent lentement. Quelques minutes plus tard les premiers projectiles enflammés s'écrasèrent sur la muraille envoyant des hommes déchiquetés dans les airs, on pouvait entendre les cris stridents des vampires au loin mélés aux aboiement des chiens qui hurlaient à la mort.
Les flèches venant des deux camps pleuvaient dans le ciel. Armon commanda l'assaut « Soldats! Nos femmes et nos enfants ont grandis entre ces murs, nos ancètres les ont bati de leurs mains, repoussez l'ennemi et nos exploits seront connus jusque dans les cieux !», les deux armées lancées se rencontrèrent dans un bruit terrible de chair et de métal. Les vampires sautaient sur les chevaux des soldats pour leur dévorer la gorge, les orcs foncaient tête baissée dans la mélée, avides de sang et de mort. Les soldats d'Armonia inférieurs en nombre, essayaient tant bien que mal de résister à l'assaut et de pourfendre un maximum d'humains de la Grande Armée Noire, seules créatures avec qui ils luttaient à armes égales.
Au milieu du fracas ambiant se tenait Morgan, le Prince Noir et digne fils de Korkull. Ses longs cheveux bruns dissimulaient un visage aux traits fins mais inexpressifs, où de grands yeux verts inquiétants semblaient scruter le plus profond de votre âme. Morgan était craint de tous les soldats, même dans son propre camp. Sa cruauté était bien connue et la froideur avec laquelle il exécutait sa tâche le rendait d'autant plus effrayant. Une longue cape noire descendait sur ses épaules et flottait dans le vent alors qu'il s'abbatait sur ses ennemis.
Lorsque celui-ci aperçu Shiru, il s'écria : « Celui-ci est à moi »
Les kilos de muscle de sa monture s'élancèrent en direction du brave Shiru qui était fièrement décidé à prouver sa valeur au combat. Les deux hommes se rencontrèrent et leurs lames s'abbatirent l'une contre l'autre. Shiru était encore jeune mais doué dans le maniement des armes, n'avait'il pas reçu son entrainement du grand Armon en personne ? Les deux hommes se déchainaient, jonglant entre leur animal et leur épée, c'est finalement Morgan qui prit le dessus et enfonça sa lame entre les côtes de Shiru qui bascula à terre. Armon hurla de désespoir et s'élanca lui aussi en direction du meurtrier qui attendait, un léger sourire au coin des lèvres; avant même que le vieux roi n'est atteint le Prince Noir, les vampires lui arrachaient déjà le coeur.
Les soldats d'Armonia, n'ayant personne à leur tête, furent vite écrasés. La grande plaine était recouverte de sang et de cadavres. Les armées des ténèbres pénétrèrent la cité et écrasèrent tout sur leur passage. La salle souterraine qui cachait les femmes et les enfants fût trouvée et brulée avec ses occupants. Ceux qui n'avaient pu s'y réfugier courraient affolés dans les rues en hurlant, les bébés étaient explosés contre les murs, les femmes violées devant leurs maisons, les Orcs prenaient un malin plaisir à démembrer les vieillards. Seuls quelques hommes en civils essayaient encore de se battre, en vain. Le peu de survivant fût enchainé et rangé en longues files, les plus chanceux finiraient comme esclaves, les autres mourront dans des camps de travaux forcés.
Morgan mis pied à terre, s'avanca vers son père, le roi Korkull, et s'agenouilla fâce à lui. Il était impressionant avec sa lourde armure noire et son casque à cornes qui cachait toujours son visage. Il avait été, disait-on, défiguré par une femme, et leur vouait depuis une rancoeur sans fin. Rares étaient d'ailleurs ceux qui avaient pu voir son visage mutilé sans le payer de leur vie. Même Morgan ne pouvait s'empêcher d'éprouver une appréhension chaque fois qu'il s'adressait à lui. « La ville est sous notre contrôle père», « Bien, bien », répondit celui-ci. « Et les jeunes hommes ? », « Tous tués selon votre désir père », «Très bien, brûlez-tout maintenant ».
Les fontaines ne couleraient plus, dans les jardins ne pousseraient plus de fleurs, les marchés ne feraient plus le bonheur de personne et plus aucun chant ne s'éleverait du temple, les grands bâtiments qui faisaient autrefois le prestige de la cité jusque de l'autre côté du monde étaient désormais réduits en cendres. Ainsi s'est éteint la grande Armonia.
Armonia, la grande, la belle, dernière cité prospère sur les terres d'Edonia vivait ses derniers instants. La cité circulaire faisait bien dix kilomètres de diamètre et était entourée d'une grande et solide muraille qui avait durant longtemps dissuadait ses ennemis. Située à la croisée des routes du Nord et du Sud elle était un lieu prisé pour les échanges et ses marchés étaient parmis les plus fameux du monde. Le fleuve Stanix situé à proximité alimentait la ville en eau et les forêts environnantes procuraient de quoi vivre à toute la population.
Le roi Armon lacha la main de son épouse, la reine Dorine, et s'empara de ses équipements. Une terrible journée s'annonçait. Dans les rues, portes et fenêtres avaient été condamnées, seuls quelques animaux errants trainaient, insouciants du danger qui les menaçait. Les femmes et les enfants en larmes fûrent amenés dans la grande salle souterraine, trop petite pour les y accueillir tous. Quelques vieillards se saoulaient dans la taverne comme pour oublier la menace qui était sur le point de s'abbatre sur eux. Autour de la cité de longs piques avaient été plantés dans le sol pour ralentir l'assaut qui semblait imminent. Sur les remparts les archers crispaient leurs mains sur leurs arcs et priaient les dieux d'épargner leur vie et celle de leur famille.
Déjà trois lunes que la ville avait reçu une lettre de rémission. Mais jamais le grand Armon n'aurait laissé ce qu'il tenait de ses ancètres entre les mains du malin. Lui, ce grand guerrier, dont on conte encore les aventures les longues soirées d'hiver. Certes, il était vieux maintenant, les rides profondes sur son visage accusaient l'âge, mais son bras maniait l'épée aussi habilement qu'autrefois.
Le ciel se colora de lourds nuages noir, tandis que le vent glacial faisait frissoner les plus robustes. Le jeune prince Colin, agé de 17 ans, aux cheveux dorés et aux yeux bleus respirant l'innocence, se tenait dans ses appartements quand le vieux Amadeus, fidèle serviteur de la famille royale, amena les premières nouvelles « ils approchent Monseigneur ». Colin savait très bien ce qui attendait son peuple si la ville tombait, ils seraient réduits en esclavage, subiraient tortures et viols et finiraient par mourir de faim ou de maladies. Cette idée lui était insoutenable. Il s'approcha de la fenêtre de sa haute tour et regarda au loin.
Mille chevaux noirs soulevaient milles tonnes de poussières, le sol tremblait et l'on eu creut que la foudre était en train de s'y abbatre si l'on n'avait aperçu les étendards du Seigneur Noir Korkull, accompagné des Orcs menés par leur chef Ragnok et des vampires de Nasgard. Les Orcs étaient cupides et avaient le combat dans le sang, il n'avait pas été difficile pour Korkull de les acheter. Les vampires étaient des créatures fragiles mais leurs longues ailes leur permettait d'être des combattants redoutables.
Armon epperona son cheval et se hissa dessus, à ses côtés se tenait fièrement Shiru, son fils ainé, futur prétendant au trône. La Reine Dorine et son fils cadet fûrent amenés par Amadeus à l'abris par un long passage souterrain qui donnait sur les sous-bois, loin, très loin de la citadelle.
Personne n'osait ouvrir la bouche, tous savaient ce qu'il allait se passer ici. Sans un mot, Armon, suivi de son fils et des plus grands guerriers du royaume s'avancèrent vers les portes de la cité qui s'ouvrèrent lentement. Quelques minutes plus tard les premiers projectiles enflammés s'écrasèrent sur la muraille envoyant des hommes déchiquetés dans les airs, on pouvait entendre les cris stridents des vampires au loin mélés aux aboiement des chiens qui hurlaient à la mort.
Les flèches venant des deux camps pleuvaient dans le ciel. Armon commanda l'assaut « Soldats! Nos femmes et nos enfants ont grandis entre ces murs, nos ancètres les ont bati de leurs mains, repoussez l'ennemi et nos exploits seront connus jusque dans les cieux !», les deux armées lancées se rencontrèrent dans un bruit terrible de chair et de métal. Les vampires sautaient sur les chevaux des soldats pour leur dévorer la gorge, les orcs foncaient tête baissée dans la mélée, avides de sang et de mort. Les soldats d'Armonia inférieurs en nombre, essayaient tant bien que mal de résister à l'assaut et de pourfendre un maximum d'humains de la Grande Armée Noire, seules créatures avec qui ils luttaient à armes égales.
Au milieu du fracas ambiant se tenait Morgan, le Prince Noir et digne fils de Korkull. Ses longs cheveux bruns dissimulaient un visage aux traits fins mais inexpressifs, où de grands yeux verts inquiétants semblaient scruter le plus profond de votre âme. Morgan était craint de tous les soldats, même dans son propre camp. Sa cruauté était bien connue et la froideur avec laquelle il exécutait sa tâche le rendait d'autant plus effrayant. Une longue cape noire descendait sur ses épaules et flottait dans le vent alors qu'il s'abbatait sur ses ennemis.
Lorsque celui-ci aperçu Shiru, il s'écria : « Celui-ci est à moi »
Les kilos de muscle de sa monture s'élancèrent en direction du brave Shiru qui était fièrement décidé à prouver sa valeur au combat. Les deux hommes se rencontrèrent et leurs lames s'abbatirent l'une contre l'autre. Shiru était encore jeune mais doué dans le maniement des armes, n'avait'il pas reçu son entrainement du grand Armon en personne ? Les deux hommes se déchainaient, jonglant entre leur animal et leur épée, c'est finalement Morgan qui prit le dessus et enfonça sa lame entre les côtes de Shiru qui bascula à terre. Armon hurla de désespoir et s'élanca lui aussi en direction du meurtrier qui attendait, un léger sourire au coin des lèvres; avant même que le vieux roi n'est atteint le Prince Noir, les vampires lui arrachaient déjà le coeur.
Les soldats d'Armonia, n'ayant personne à leur tête, furent vite écrasés. La grande plaine était recouverte de sang et de cadavres. Les armées des ténèbres pénétrèrent la cité et écrasèrent tout sur leur passage. La salle souterraine qui cachait les femmes et les enfants fût trouvée et brulée avec ses occupants. Ceux qui n'avaient pu s'y réfugier courraient affolés dans les rues en hurlant, les bébés étaient explosés contre les murs, les femmes violées devant leurs maisons, les Orcs prenaient un malin plaisir à démembrer les vieillards. Seuls quelques hommes en civils essayaient encore de se battre, en vain. Le peu de survivant fût enchainé et rangé en longues files, les plus chanceux finiraient comme esclaves, les autres mourront dans des camps de travaux forcés.
Morgan mis pied à terre, s'avanca vers son père, le roi Korkull, et s'agenouilla fâce à lui. Il était impressionant avec sa lourde armure noire et son casque à cornes qui cachait toujours son visage. Il avait été, disait-on, défiguré par une femme, et leur vouait depuis une rancoeur sans fin. Rares étaient d'ailleurs ceux qui avaient pu voir son visage mutilé sans le payer de leur vie. Même Morgan ne pouvait s'empêcher d'éprouver une appréhension chaque fois qu'il s'adressait à lui. « La ville est sous notre contrôle père», « Bien, bien », répondit celui-ci. « Et les jeunes hommes ? », « Tous tués selon votre désir père », «Très bien, brûlez-tout maintenant ».
Les fontaines ne couleraient plus, dans les jardins ne pousseraient plus de fleurs, les marchés ne feraient plus le bonheur de personne et plus aucun chant ne s'éleverait du temple, les grands bâtiments qui faisaient autrefois le prestige de la cité jusque de l'autre côté du monde étaient désormais réduits en cendres. Ainsi s'est éteint la grande Armonia.

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