samedi 29 mars 2008

Chapitre 8

Chapitre 8 : Confrontation

Au delà d'un lac gelé se dressait un escalier où de longues colonnes blanches supportaient un édifice en pierre surmonté d'une tête de cerf, l'animal sacré des forêts elfiques. La porte de la cité des glaces. Cette immense ville devait son nom à la couche de neige qui l'entourait constamment et qui donnait l'illusion qu'elle fût batie de glace.
Nous y sommes, dit Kassar.
Exactement comme mon père me l'avait décrit, rajouta Colin. La cité des glaces, chuchota t'il en regardant au loin.
Agnor, comme à son habitude, contemplait les merveilles d'une nouvelle civilisation étrangère.
Allez, avançons, commanda Kassar.
A quelques pas de là, des hommes en armures noires épiaient les faits et gestes de Colin et ses amis.
Attendez encore, dit la voix de Morgan qui les regardait en souriant.
Colin et les siens s'avançaient prudemment vers le lac gelé.
Nous allons passer par ici, decida Kassar.
La glace va t'elle supporter le poids d'Agnor, demanda Colin.
Oui, ne vous inquiètez pas pour ça, la glace est solide. Mais soyez prudent tout de même, on ne sait jamais.
Colin et Agnor acquiescèrent et firent un pas en avant. Ils avançaient lentement, pied à terre et les chevaux à la main, en direction de la porte géante.
Subitement, alors qu'ils étaient déjà bien engagés sur la surface dangereuse, un sifflement strident se fit entendre et des flèches enflammées s'abbatirent en cercle tout autour d'eux.
Mais qu'est-ce que ... s'inquièta Colin.
A l'abris, cria Kassar, en décrochant le bouclier accroché à son dos.
Colin s'habrita derrière alors que les chevaux affolés s'éloignèrent au galop.
Agnor ne reste pas comme ça, lui cria Colin.
Le géant était debout, près au combat.
Une seconde, puis une troisième raffale de flèches traversèrent le ciel.
Pourquoi est-ce qu'ils ne nous visent pas, demanda Colin ?
Regarde pourquoi, dit Kassar, en lui désignant la glace qui commençait à fondre sous leurs pieds.
Agnor vite, éloigne toi, cria Kassar.
Le pauvre géant devenait malgré lui l'instrument de leur perte alors que le sol commenca à chavirer sous leur poids. Ils tombèrent dans l'eau glacée.
Des ombres sortirent des bois, des soldats de Korkull, Morgan a leur tête. A ses côtés, son compagnon Nekor.
Regarde les ces chiens, pourquoi est-ce qu'on leur a appris à nager, dit Nekor.
Au loin Colin et les siens tentaient tant bien que mal de remonter sur la plate forme glacée. Quand ils y parvinrent enfin, l'horizon était vide.
Où sont-ils passés ? demanda Colin.
Ils se cachent dit Agnor.
Nos équipements, les chevaux, nous n'avons plus rien, dit Colin.
Il nous reste nos armes répondit Kassar, c'est tout ce dont nous avons besoin.
Mais Pendragan ! Il faut aller le chercher cria Colin.
Non, c'est exactement ce qu'ils attendent qu'on fasse, dit Kassar. Il faut continuer.
Regardez, là-bas ! cria Agnor.
Du côté opposé se tenait une jeune elfe.
C'est la fille de mon rêve, cria Colin.
A peine eu t'il finit sa phrase qu'il s'abbatit à genoux en criant sur la glace, les mains sur la tête. La voix de la jeune femme résonna dans sa tête.
Partez, faites demi-tour et partez tant qu'il est encore temps, dit-elle.
Kassar et Agnor aidèrent le jeune garçon à se relever.
Elle nous demande de partir, dit-il enfin.
« Veut-elle nous aider ou nous conduit-elle dans un piège » se demanda Kassar.
Au moins nous avons la réponse que nous étions venus chercher, dit Kassar.
Derrière aux, des hommes sortirent des bois à nouveaux.
Ils reviennent! cria Colin.
Non, dit Kassar. Voilà notre salut.
En effet les hommes qui sortaient cette fois-ci des bois étaient bien des soldats d'Armonia. Une vingtaine en dénombra Colin.
Mais comment est-ce possible demanda le jeune garçon ?
Ils sont là parce que je leur ai demandé de nous suivre, dit sèchement Kassar.
Sans m'en informer, s'inquièta Colin ?
C'était plus prudent ainsi, répondit-il.
Je comprend, ils ont fait fuir nos ennemis, dit Agnor.
Kassar éclata d'un rire nerveux.
Morgan, fuir ? Tu ne connais rien de nos ennemis mon cher Agnor.
Derrière la jeune elfe avait disparue à son tour. Les trois amis regagnèrent la berge où les attendaient les leurs qui avaient récupéré leurs chevaux.
Où sont-ils passés ? S'inquièta Kassar.
Ils se sont éloignés quand nous nous sommes approchés, dit le responsable des soldats. Il faut partir avant qu'ils ne reviennent plus nombreux.
Ils sont encore ici dit Agnor désignant la forêt.
La silhouette de Morgan se dessina devant eux, suivi de près du semi-géant Nekor, accompagnés d'une véritable petite armée d'une cinquantaine d'hommes. « La fête est au complet maintenant » dit-il.
Sortez vos boucliers, cria Kassar.
Agnor prit sa lourde masse et la dressa de manière inquiétante. Colin s'empara de la lourde épée de son père accrochée dans son dos, qu'il tint à deux mains. Il devisagea Morgan, les deux ennemis se rencontraient enfin.

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