dimanche 9 mars 2008

Chapitre 4

Chapitre 4 : Un dernier espoir

Trois mois s'étaient écoulés depuis la défaite d'Armonia, et pas un jour sans que Colin et les siens, toujours cachés dans les bois perdus qui ensevelissaient l'antique cité d'Hydregor, ne s'entrainent d'arrache pied au combat à mains nues et au maniement des armes. Un camp de fortune avait été construit avec des arbres coupés dans l'abondante forêt. Le conseil avait décidé qu'il fallait se préparer et envoyer au plus vite des messagers au Nord-Ouest, dans les terres des Goloms, derniers guerriers capables de leur venir en aide et résister aux armées sombres.
Les Goloms étaient des géants dont l'origine remonte aux nuits des temps, lorsque les deux lunes d'Edonia étaient très éloignées et que l'attraction était moindre, leur permettant de se développer davantage. Même si toujours impressionants aujourd'hui, ils était deux à trois fois plus grand autrefois, du moins c'est ce que racontent les anciens. Ils vivent dans une vallée qui suffit à leurs besoins et se cachent dans des habitations creusées dans la roche. Ces tailleurs de pierre se mèlent peu des histoires des autres peuples, mais cette fois ci tout est différent, la sûreté du monde est en jeu. Les messagers étaient partis depuis plus de deux semaines et le camp n'avait depuis plus de nouvelles.
A l'Est du monde, Korkull s'était fait bâtir une immense et sinistre forteresse par ses esclaves. La construction avait duré plusieurs années mais le résultat était impressionant. Un silence pesant qui contrastait avec la violence des champs de bataille ou des camps régnait entre ces murs. Les pas du Seigneur noir résonnèrent dans les longs dédales de couloirs quand celui-ci entra dans une petite pièce sombre. A l'intérieur trois vieillards vétus de longues tuniques à capuche qui dissumulaient en partie leurs visages l'attendaient. Sur une table gisait le cadavre d'une jeune fille nue, les entrailles ouvertes. Il prit place en face d'eux et leur cria « J'attend ». L'un deux, celui tout à gauche et qui semblait être le plus agé, pris la parole «nous sentons encore sa présence Monseigneur, il semblerait qu'il soit encore en vie ». Korkull sembla contrarié « le temps presse » leur lanca t'il, je veux être prévenu immédiatement s'il y a du changement ». « Nous ne faisons que ça Monseigneur ». Korkull se leva et sortit. Dans l'encadrement de la porte se trouvait son fils Morgan qui semblait avoir tout entendu. Géné, ce dernier dit quand même « Ne vous inquiétez pas père, je le trouverai pour vous et vous emmenerez sa tête ». Korkull marmonna quelque chose d'incompréhensible et s'éloigna aussi vite qu'il était arrivé.
Morgan pris un air résigné et regagna ses appartements. Il se mis à penser à Mirna, en trois mois il s'était attaché à cette jeune fille qui était devenue son esclave personelle malgré les remarques désobligeantes de son père à son sujet. « Amuse toi avec puis nous la brûlerons » lui avait-il suggéré. Pourtant jamais il n'avait levé la main sur elle ou ne l'avait forcé à faire quoi que ce soit, au contraire, il s'habituait à sa présence. Elle était en train de verser des huiles dans le bain quand il entra dans la pièce. Il lui sourit instinctivement en pensant « mais qu'est-ce que je fais? Mon vieux tu deviens faible... », il fit très vite disparaître cette stupide mimique de son visage.
« C'est près ? » questionna t'il.
« Vous n'avez qu'à rentrer dedans pour voir »
L'arrogance de Mirna le charmait autant qu'elle l'énervait au plus haut point.
« Tu ne changera donc jamais » rétorqua t'il.
Morgan se déshabilla et rentra dans le bain. L'eau était tiède et douce, Mirna avait bien fait son travail. Le prince noir se relaxa, la tête en arrière.
« Tu sais ça n'a pas toujours été comme ça pour moi »
Mirna écoutait, assise sur le lit. Elle ne portait plus de chaines depuis quelques temps déjà, à quoi bon ? Il lui serait impossible de sortir de la forteresse de toute façon.
« Autrefois on bougeait de campements en campements tous plus mal famés les uns que les autres »
« Je devrais te plaindre ? »
« Non... je veux juste te dire que peut-être la vie sera meilleure pour toi aussi un jour . Quand tout ceci sera terminé »
Elle ne répondit pas. Elle n'oubliait pas que toute sa famille et ses proches avaient péri à Armonia, et ironie du sort, Morgan était encore la seule attache qui lui restait à ce monde qui la dégoûtait.
« Les Elfes ont rejoint nos rangs, ce n'est plus qu'une question de temps » finit Morgan.
Tous les jours Colin courait près du Stanix pour apercevoir son reflèt dans les eaux sombres, à la recherche d'un changement visible. Ses cheveux avaient poussés tombant sur son visage salit qui lui donnait un air plus inquiétant. Il admirait ses biceps dans l'eau, en si peu de temps son entrainement avait porté ses fruits, ne serait-ce qu'à cause du poids de la lourde épée qui ne le quittait plus. Colin s'inquiêta en pensant à sa mère, depuis cette terrible tragédie la pauvre n'avait cessé de dépérir comme si elle se laissait mourir et les médecins étaient des plus pessimistes à son sujet. Si seulement il y avait quelque chose qu'il aurait pu faire. Une fois encore Colin se sentit démuni. Il aurait voulu être plus grand, plus fort, plus intelligent, pouvoir protéger tous les êtres qui lui sont chers.
Il ne pouvait s'empêcher de repenser à ce que lui avait dit la vieille femme «Si tu veux sauver tout ce qui est cher à tes yeux tu dois combattre Morgan ». Il se mis à rêver qu'il devenait un héros et qu'il tuait Morgan et pour la première fois depuis trois mois un sourrire s'esquissa sur son visage. La vieille femme était encore sur le camp, une ancienne conseillère à ce qu'on lui ont avait dit, dont l'aide avait autrefois permis de gagner de nombreuses batailles. On la disait sénile maintenant mais on la respectait toujours pour ce qu'elle avait été.
Colin sortit de ses pensées, et se hâta de rentrer au chevet de sa mère. La femme était allongée et semblait avoir de la fièvre. Le vieux Amadeus assis à côté veillait sur elle. « Mon fils » s'écria t'elle lorsque Colin s'approcha. « Je suis là mère, ne bougez pas ». Il lui pris la main et s'assis à côté d'elle. « Mon Colin, à quoi tu ressembles maintenant , un vrai petit homme » dit-elle en écartant les mèches de cheveux du visage de son fils.
Au loin la foule s'agitait, les messagers étaient de retour.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Les éléments sont bien mis en place, j'attends la suite avec impatience :D