samedi 29 mars 2008

Chapitre 8

Chapitre 8 : Confrontation

Au delà d'un lac gelé se dressait un escalier où de longues colonnes blanches supportaient un édifice en pierre surmonté d'une tête de cerf, l'animal sacré des forêts elfiques. La porte de la cité des glaces. Cette immense ville devait son nom à la couche de neige qui l'entourait constamment et qui donnait l'illusion qu'elle fût batie de glace.
Nous y sommes, dit Kassar.
Exactement comme mon père me l'avait décrit, rajouta Colin. La cité des glaces, chuchota t'il en regardant au loin.
Agnor, comme à son habitude, contemplait les merveilles d'une nouvelle civilisation étrangère.
Allez, avançons, commanda Kassar.
A quelques pas de là, des hommes en armures noires épiaient les faits et gestes de Colin et ses amis.
Attendez encore, dit la voix de Morgan qui les regardait en souriant.
Colin et les siens s'avançaient prudemment vers le lac gelé.
Nous allons passer par ici, decida Kassar.
La glace va t'elle supporter le poids d'Agnor, demanda Colin.
Oui, ne vous inquiètez pas pour ça, la glace est solide. Mais soyez prudent tout de même, on ne sait jamais.
Colin et Agnor acquiescèrent et firent un pas en avant. Ils avançaient lentement, pied à terre et les chevaux à la main, en direction de la porte géante.
Subitement, alors qu'ils étaient déjà bien engagés sur la surface dangereuse, un sifflement strident se fit entendre et des flèches enflammées s'abbatirent en cercle tout autour d'eux.
Mais qu'est-ce que ... s'inquièta Colin.
A l'abris, cria Kassar, en décrochant le bouclier accroché à son dos.
Colin s'habrita derrière alors que les chevaux affolés s'éloignèrent au galop.
Agnor ne reste pas comme ça, lui cria Colin.
Le géant était debout, près au combat.
Une seconde, puis une troisième raffale de flèches traversèrent le ciel.
Pourquoi est-ce qu'ils ne nous visent pas, demanda Colin ?
Regarde pourquoi, dit Kassar, en lui désignant la glace qui commençait à fondre sous leurs pieds.
Agnor vite, éloigne toi, cria Kassar.
Le pauvre géant devenait malgré lui l'instrument de leur perte alors que le sol commenca à chavirer sous leur poids. Ils tombèrent dans l'eau glacée.
Des ombres sortirent des bois, des soldats de Korkull, Morgan a leur tête. A ses côtés, son compagnon Nekor.
Regarde les ces chiens, pourquoi est-ce qu'on leur a appris à nager, dit Nekor.
Au loin Colin et les siens tentaient tant bien que mal de remonter sur la plate forme glacée. Quand ils y parvinrent enfin, l'horizon était vide.
Où sont-ils passés ? demanda Colin.
Ils se cachent dit Agnor.
Nos équipements, les chevaux, nous n'avons plus rien, dit Colin.
Il nous reste nos armes répondit Kassar, c'est tout ce dont nous avons besoin.
Mais Pendragan ! Il faut aller le chercher cria Colin.
Non, c'est exactement ce qu'ils attendent qu'on fasse, dit Kassar. Il faut continuer.
Regardez, là-bas ! cria Agnor.
Du côté opposé se tenait une jeune elfe.
C'est la fille de mon rêve, cria Colin.
A peine eu t'il finit sa phrase qu'il s'abbatit à genoux en criant sur la glace, les mains sur la tête. La voix de la jeune femme résonna dans sa tête.
Partez, faites demi-tour et partez tant qu'il est encore temps, dit-elle.
Kassar et Agnor aidèrent le jeune garçon à se relever.
Elle nous demande de partir, dit-il enfin.
« Veut-elle nous aider ou nous conduit-elle dans un piège » se demanda Kassar.
Au moins nous avons la réponse que nous étions venus chercher, dit Kassar.
Derrière aux, des hommes sortirent des bois à nouveaux.
Ils reviennent! cria Colin.
Non, dit Kassar. Voilà notre salut.
En effet les hommes qui sortaient cette fois-ci des bois étaient bien des soldats d'Armonia. Une vingtaine en dénombra Colin.
Mais comment est-ce possible demanda le jeune garçon ?
Ils sont là parce que je leur ai demandé de nous suivre, dit sèchement Kassar.
Sans m'en informer, s'inquièta Colin ?
C'était plus prudent ainsi, répondit-il.
Je comprend, ils ont fait fuir nos ennemis, dit Agnor.
Kassar éclata d'un rire nerveux.
Morgan, fuir ? Tu ne connais rien de nos ennemis mon cher Agnor.
Derrière la jeune elfe avait disparue à son tour. Les trois amis regagnèrent la berge où les attendaient les leurs qui avaient récupéré leurs chevaux.
Où sont-ils passés ? S'inquièta Kassar.
Ils se sont éloignés quand nous nous sommes approchés, dit le responsable des soldats. Il faut partir avant qu'ils ne reviennent plus nombreux.
Ils sont encore ici dit Agnor désignant la forêt.
La silhouette de Morgan se dessina devant eux, suivi de près du semi-géant Nekor, accompagnés d'une véritable petite armée d'une cinquantaine d'hommes. « La fête est au complet maintenant » dit-il.
Sortez vos boucliers, cria Kassar.
Agnor prit sa lourde masse et la dressa de manière inquiétante. Colin s'empara de la lourde épée de son père accrochée dans son dos, qu'il tint à deux mains. Il devisagea Morgan, les deux ennemis se rencontraient enfin.

samedi 22 mars 2008

Chapitre 7

Chapitre 7 : La forêt blanche

Colin et Kassar chevauchaient alors qu'Agnor courait à leurs côtés. « Il est infatigable » s'exclama Kassar en regardant Agnor. Ils avaient quitté les bois perdus et se dirigeaient maintenant vers les terres glacées du nord, bien couverts sous des capes et de longs manteaux. On pouvait apercevoir les sommets enneigés au loin.
Allons-nous devoir les traverser ? Demanda Colin.
Non, nous longerons juste le flanc de la montagne répondit Kassar.
Cette réponse sembla rassurer Colin. Il savait ce qui se trouvait au delà des montagnes plus à l'Est, le domaine du seigneur Noir. Colin contempla un instant le ciel vers l'Est, comme s'il pouvait saisir le mal qui s'en émanait.
Agnor lui contemplait les sommets enneigés comme un enfant. « C'est beau » dit-il.
Le soir ils atteignèrent le flanc de la montagne. Une épaisse et dense forêt recouverte de neige jusqu'à la cime des arbres. Kassar aperçut une grotte creusée dans la roche et décida qu'ils allaient passer la nuit ici. Colin s'endormit difficilement, il faisait tellement froid malgré le feu de camp qui se consumait.
Alors qu'il venait juste de trouver le sommeil, Colin entendit une voix qu'il ne connaissait pas. « Colin, Colin » répéta une voix douce et sensuelle de femme. Colin ouvrit les yeux. A ses côtés ses deux amis dormaient profondément. Il se redressa et regarda tout autour de lui, la petite grotte était déserte. Il allait se rendormir quand il perçut la voix à nouveau, « Co - lin » entendit-il distinctement. Cette fois il se redressa d'un bond « qui est là? » scanda t'il en saisissant son épée. Le jeune garçon s'approcha de la sortie de la grotte, tenant son arme en avant de ses deux mains. On entendait des loups crier au loin, ce qui ne fît qu'accroitre la peur du jeune garçon. En effet les deux lunes dans le ciel étaient bien pleines. Pendragan et le cheval de Kassar bougeaient dans tous les sens essayant de se détacher. « Ho là, du calme Pendragan » fit Colin d'un ton qui n'était pas très convaincant.
Puis il aperçut sa mère, à genoux dans la neige.
Mère ! dit'il en s'approchant. Comment-êtes vous arrivé jusqu'ici ?
Colin, pourquoi est-ce que tu m'as abandonné ? Dit la femme en pleurant.
Je ne vous ai pas abandonné, pourquoi dites-vous une telle chose mère !
Pourquoi est-ce que tu me fais endurer tout ça ?
Qu'ai-je fait mère ?
Tu n'a pas su protéger ton père et ton frère, et maintenant c'est moi que tu laisses mourir.
Le visage du jeune garçon s'embua de larmes.
Fils indigne, tu me tues Colin.
Il s'approcha pour tenter de la relever en la saisissant par le bras « vous perdez la raison mère ». Le visage de la femme se transforma soudain en celui d'une jeune fille aux traits tirés et aux oreilles pointus lui lançant un large sourire menaçant. « Embrasse-moi » dit celle-ci en approchant son visage du sien. Colin stupéfait planta instinctivement sa lame dans le ventre de la créature qui tomba le visage dans la neige. « Bon sang, mais qu'est-ce qu'il se passe ici ?». Il resta un moment immobile à regarder ce corps qui ensanglantait la neige. Après une longue hésitation et prenant son courage à deux mains, il retourna le corps pour voir le visage. Il avait besoin d'être sûr. Le visage de la reine Dorine se dessina devant ses yeux. Il mit sa main devant sa bouche, puis pris d'un haut le coeur il vomit ses tripes sur la neige.
Colin sentit soudain une main qui lui agrippait le bras. Il se redressa brusquement. C'était Kassar. Il était toujours dans la grotte, ce n'était qu'un rêve.
J'ai fait un horrible cauchemard, dit le jeune garçon, je crois que j'ai vu une Elfe.
Les Elfes peuvent contrôler nos rêves jeune Roi, ils viennent chuchoter la nuit aux oreilles des hommes réveillant leurs peurs les plus profondes.
J'ignorais celà dit Colin. Quel genre de créature sont-ils donc ?
Des êtres mystérieux répondit Kassar. Vous avez encore tant de choses à apprendre jeune Roi. Essayez de vous rendormir, demain la route sera encore pénible et longue.
Colin se rallongea et tourna la tête vers Agnor. Le géant était réveillé lui aussi et ils échangèrent un regard. Le géant éprouvait une certaine empathie et une tendresse évidente à l'égard du jeune garçon. « Le monde est si vaste et si étrange en dehors de ta vallée » pensa Colin.
Quelques heures plus tard ils reprirent la route. Le voyage se passa sans encombre. Aucun rêve ne fût troublé par un esprit malfaisant.
Au bout de quelques jours ils aperçurent enfin le bout de la forêt et au loin se dresser la cité des glaces, berceau des Elfes.
« Le moment de vérité » dit Kassar.

mercredi 12 mars 2008

Chapitre 6

Chapitre 6 : En route pour les terres Elfiques

Agnor et ses compagnons étaient enfin arrivés, au bout de plusieurs jours de marche et après avoir traversé le desert qui délimitait la vallée Golom de la terre des Hommes. Le géant était émerveillé devant tant de verdure, c'était donc ça qu'on appelait jungle. Les ruines de ce qui fût autrefois une cité rayonnante provoquèrent en lui un émoi profond. Néanmoins il était anxieux, ne disait-on pas que les bois perdus étaient hantés ? Kassar s'apercevant de son trouble lui dit en riant « ne t'inquiète pas Agnor, il n'y a pas plus de fantômes ici que de fleurs dans ta vallée ».
Colin écarta la foule et vint à la rencontre de Kassar qui mis pied à terre. « Bonne nouvelle jeune roi » dit ce dernier d'un grand sourire. « Oui je vois ça ». Les Goloms s'approchèrent et saluèrent Colin. Le jeune garçon oubliait parfois qu'il était roi maintenant. Tout cela était si soudain.
Kassar expliqua au conseil l'accord passé avec Karyo. La plupart pensaient que le délai d'un mois était trop long mais après tout, c'était ça ou rien. « Très bien, finit par dire Colin, nous attendrons ».
Mais que font les elfes ? s'inquièta un membre du conseil
On les dit rallier à Karkull, répondit un autre
Il faut en a voir le coeur net, dit Kassar
Très bien, j'irai voir de mes propres yeux, clama Colin
Mais jeune Roi, ce n'est pas à vous de faire ça, réprimanda Kassar
Colin était surtout impatient de tester ses capacités et mettre en application son entrainement.
C'est à moi d'en décider.
Pour la première fois le jeune garçon timide et réservé imposait sa volonté.
Très bien, fit Kassar. Mais je vous accompagnerai dans ce cas.
Les membres du conseil étaient contre cette idée mais n'osaient pas aller contre la volonté du Roi, aussi jeune sois t'il.
« Nous partirons dès demain, il n'y a plus de temps à perdre. Mon retour coincidera avec l'arrivée des troupes de Karyo. Nous pourrons ensuite passer à l'action. » annonca Colin. Puis il se retira, le jeune garçon était épuisé et s'endormit presque immédiatement.
Kassar rejoint Agnor qui était assis avec les siens autour d'un feu. « Alors géant, tes premiers pas dans la vie de petit homme? », Agnor souria mais ne répondit pas. « Nous allons avoir besoin de toi demain, nous repartons dès demain pour les terres des Elfes et un homme aussi robuste que toi ne sera pas de trop. Tes compagnons resteront ici pour protéger le camp. » Agnor fit un signe d'acquiescement. « Très bien, repose toi maintenant, nous partirons à l'aube. »
Le soleil se leva enfin dans le ciel d'Edonia. Toute la petite communauté était au rendez-vous. Colin s'était levé de bonne heure pour préparer ses affaires, Amadeus lui avait confié un grand cheval blanc nommé Pendragan. Le jeune garçon s'affairait à hisser ses bagages sur le dos de l'étalon quand Kassar arriva «Vous êtes prêt jeune roi? », « Je pense oui » répondit ce dernier. Kassar, malgré l'assurance feinte était terriblement inquiet, il craignait pour la vie de son ami. Colin aussi dissimulait son trouble, il ne s'était jamais véritablement battu de sa vie, et si la première fois était la dernière ? Il préfera oublier bien vite cette idée et se concentrer sur l'objectif à atteindre; à savoir, rallier les Elfes si cela était encore possible.
Agnor arriva enfin, portant sur son épaule une immense massue. Colin et Kassar le regardirent d'un air stupéfait. « Je n'aimerai pas me prendre ça dans la gueule » dit Kassar. Agnor sourit, fier. Le géant ne s'était jamais battu non plus pourtant rien ne pouvait l'effrayer.
Très bien, mettons nous en route annonca Kassar.
Attends, fit Colin, j'ai une dernière chose à faire.
Il couru jusqu'à la hutte où se reposait sa mère et se jeta à genoux auprès d'elle. « Mère, mère , je vais partir ». L'ancienne reine Dorine bougea péniblement la tête pour regarder son fils, aucun son ne pouvait sortir de sa bouche. Colin la fixa et la tristesse envahie son visage.
Sur les terres de l'Est, dans l'immense forteresse de l'armée noire, Korkull était assis sur l'immense trône du défunt roi Armon. Le seigneur noir avait fait rapatrier jusqu'ici ce symbole de sa victoire. En effet le trône était magnifique, entièrement en or, il était orné de pierres précieuses rouges ainsi que d'une tête de Kaktar, l'animal légendaire des contes d'Edonia : une sorte de cheval avec des cornes et des dents acérés. Mais il y avait une autre légende qui inquiétait Korkull.
En face de lui, les trois mages étaient agenouillés, l'un tenait dans ses mais un plateau ensanglanté avec un coeur humain. « Oui Monseigneur, sur la terre des Elfes, là-bas sera versé le sang de l'élu. »

lundi 10 mars 2008

Chapitre 5

Chapitre 5 : Les Goloms

Agnor marchait d'un pas nonchalent dans le chemin principal, long de plusieurs kilomètres, de l'immense vallée, ses outils à la main. Encore une journée ensoleillée à tailler dans la pierre. Ce n'était pas un travail des plus plaisant mais c'est tout ce qu'il avait toujours su faire, comme tous les siens. Agnor était un jeune et solide gaillard de près de trois mètres de haut, à l'apparence rustre, il n'en avait pas moins un coeur d'enfant. Les pierres de la vallée Golom étaient très prisées pour leurs qualités et Agnor était un des meilleurs dans son travail. Bien que ces derniers temps, l'exportation était quasiment nulle.
Le géant commencait à escalader les barreaux d'une grande échelle en bois lorsque il aperçut un nuage de poussière s'élever au loin. Il plissa des yeux et regarda attentivement. Cela fait des mois qu'aucun étranger n'était plus venu ici. Il distingua enfin deux cavaliers.
Quelques minutes plus tard il arrivèrent dans le village et la foule curieuse vint les recevoir. Ils demandèrent à être amené au plus vite devant le chef des Goloms. On les guida jusqu'à l'autre bout de l'immense chemin, vers la demeure de Karyo, le plus grand des géants. A leur approche, ce dernier vint à leur rencontre.
Ho là ! Qui êtes vous étrangers ? Demanda Karyo.
Il était impressionant et devait bien mesurer quatre mètres. Il était paré d'étranges bijoux fait de métaux qu'on ne trouve que dans cette partie du monde.
Sire, nous sommes des messagers du roi Colin, fils d'Armon et nous venons d'Armonia. La cité a été détruite par les armées de Korkull et nous venons implorer votre aide, répondit un des messager.
Tiens donc. Que s'est'il passé ? Dit-il en les invitant à rentrer dans son habitation.
Ils rentrèrent à l'intérieur d'une immense caverne semblable à une grotte avec des plafonds très hauts si bien qu'on n'aurait pu deviner de l'extérieur l'immensité de la pièce. Les deux messagers prirent place sur des bancs en pierre et on leur servit de l'eau. L'un d'entre eux était Kassar, le cousin d'Armon, agé de trente quatre ans. Il dirigeait autrefois la grande ville d'Ajax, voisine d'Armonia, avant que celle-ci ne fût détruite.
Il ne reste plus rien... répondit Kassar, et il en sera de même pour tout Edonia, et pour vous aussi Goloms si nous ne faisons rien !
Pourquoi Korkull s'interessaient à nous, il n'y a rien qui l'intéresse ici, regardez autour de vous...
Nous ne savons pas jusqu'où il est près à aller, personne ici ne peut le savoir, mais allez-vous attendre qu'il soit là ? Car si vous faites une telle chose, croyez-moi, vous serez responsable de l'anéantissement des votres ! S'énerva Kassar.
Du calme étrangers ! Je ne vous invite pas pour me faire insulter.
Ecoutez, reprit Kassar, Armonia a toujours entretenu de bonnes relations avec vous, maintenant nous avons besoin de votre aide, sans vous tout est fini.
Ils palabrèrent encore de longues minutes, à l'extérieur les Goloms attendaient, s'inquiétant de la venue de ces étrangers dans leur vallée. Finalement, après ce qui sembla être une éternité, ils se mirent d'accord.
C'est bon, c'est bon... mais quel est votre plan? Abdiqua Karyo.
Nous devons joindre nos forces pour constituer une armée, puis attaquer de façon stratégique dit Kassar.
L'armée de Korkull est immense à ce qu'on raconte... s'inquiéta Karyo.
Elle l'est je peux vous l'assurer... mais nous n'avons pas d'autres choix.
Très bien dit Karyo. Vous allez rentrer chez vous avec quelques uns de mes hommes. Je vais lever une armée et mes troupes vous rejoindront d'ici un mois à l'endroit de votre choix.
Merci, merci beaucoup dit Kassar. Vous étiez notre seul espoir.
Nous n'avons pas pour habitude de faire la guerre, mais mes Goloms sont des hommes vaillants et robustes, puissent-ils changer le cours de ces sombres jours.
Karyo fit signe à un des deux gardes qui attendait à l'entrée, « Trouve leur un abris pour la nuit et donne leur à manger », puis se tournant vers les messagers « Reposez-vous, vous repartirez demain ». « Nous acceptons votre hospitalité » dit Kassar en s'inclinant.
Agnor fût désigné, ainsi qu'une dizaine d'autres Goloms, pour accompagner les deux messagers. Il était excité à l'idée de quitter sa vallée, il n'en était jamais sorti depuis sa naissance. Il ne conaissait du monde extérieur que ce que les marchands lui rapportaient. Mais il savait que son voyage allait peut-être lui coûter la vie.

dimanche 9 mars 2008

Chapitre 4

Chapitre 4 : Un dernier espoir

Trois mois s'étaient écoulés depuis la défaite d'Armonia, et pas un jour sans que Colin et les siens, toujours cachés dans les bois perdus qui ensevelissaient l'antique cité d'Hydregor, ne s'entrainent d'arrache pied au combat à mains nues et au maniement des armes. Un camp de fortune avait été construit avec des arbres coupés dans l'abondante forêt. Le conseil avait décidé qu'il fallait se préparer et envoyer au plus vite des messagers au Nord-Ouest, dans les terres des Goloms, derniers guerriers capables de leur venir en aide et résister aux armées sombres.
Les Goloms étaient des géants dont l'origine remonte aux nuits des temps, lorsque les deux lunes d'Edonia étaient très éloignées et que l'attraction était moindre, leur permettant de se développer davantage. Même si toujours impressionants aujourd'hui, ils était deux à trois fois plus grand autrefois, du moins c'est ce que racontent les anciens. Ils vivent dans une vallée qui suffit à leurs besoins et se cachent dans des habitations creusées dans la roche. Ces tailleurs de pierre se mèlent peu des histoires des autres peuples, mais cette fois ci tout est différent, la sûreté du monde est en jeu. Les messagers étaient partis depuis plus de deux semaines et le camp n'avait depuis plus de nouvelles.
A l'Est du monde, Korkull s'était fait bâtir une immense et sinistre forteresse par ses esclaves. La construction avait duré plusieurs années mais le résultat était impressionant. Un silence pesant qui contrastait avec la violence des champs de bataille ou des camps régnait entre ces murs. Les pas du Seigneur noir résonnèrent dans les longs dédales de couloirs quand celui-ci entra dans une petite pièce sombre. A l'intérieur trois vieillards vétus de longues tuniques à capuche qui dissumulaient en partie leurs visages l'attendaient. Sur une table gisait le cadavre d'une jeune fille nue, les entrailles ouvertes. Il prit place en face d'eux et leur cria « J'attend ». L'un deux, celui tout à gauche et qui semblait être le plus agé, pris la parole «nous sentons encore sa présence Monseigneur, il semblerait qu'il soit encore en vie ». Korkull sembla contrarié « le temps presse » leur lanca t'il, je veux être prévenu immédiatement s'il y a du changement ». « Nous ne faisons que ça Monseigneur ». Korkull se leva et sortit. Dans l'encadrement de la porte se trouvait son fils Morgan qui semblait avoir tout entendu. Géné, ce dernier dit quand même « Ne vous inquiétez pas père, je le trouverai pour vous et vous emmenerez sa tête ». Korkull marmonna quelque chose d'incompréhensible et s'éloigna aussi vite qu'il était arrivé.
Morgan pris un air résigné et regagna ses appartements. Il se mis à penser à Mirna, en trois mois il s'était attaché à cette jeune fille qui était devenue son esclave personelle malgré les remarques désobligeantes de son père à son sujet. « Amuse toi avec puis nous la brûlerons » lui avait-il suggéré. Pourtant jamais il n'avait levé la main sur elle ou ne l'avait forcé à faire quoi que ce soit, au contraire, il s'habituait à sa présence. Elle était en train de verser des huiles dans le bain quand il entra dans la pièce. Il lui sourit instinctivement en pensant « mais qu'est-ce que je fais? Mon vieux tu deviens faible... », il fit très vite disparaître cette stupide mimique de son visage.
« C'est près ? » questionna t'il.
« Vous n'avez qu'à rentrer dedans pour voir »
L'arrogance de Mirna le charmait autant qu'elle l'énervait au plus haut point.
« Tu ne changera donc jamais » rétorqua t'il.
Morgan se déshabilla et rentra dans le bain. L'eau était tiède et douce, Mirna avait bien fait son travail. Le prince noir se relaxa, la tête en arrière.
« Tu sais ça n'a pas toujours été comme ça pour moi »
Mirna écoutait, assise sur le lit. Elle ne portait plus de chaines depuis quelques temps déjà, à quoi bon ? Il lui serait impossible de sortir de la forteresse de toute façon.
« Autrefois on bougeait de campements en campements tous plus mal famés les uns que les autres »
« Je devrais te plaindre ? »
« Non... je veux juste te dire que peut-être la vie sera meilleure pour toi aussi un jour . Quand tout ceci sera terminé »
Elle ne répondit pas. Elle n'oubliait pas que toute sa famille et ses proches avaient péri à Armonia, et ironie du sort, Morgan était encore la seule attache qui lui restait à ce monde qui la dégoûtait.
« Les Elfes ont rejoint nos rangs, ce n'est plus qu'une question de temps » finit Morgan.
Tous les jours Colin courait près du Stanix pour apercevoir son reflèt dans les eaux sombres, à la recherche d'un changement visible. Ses cheveux avaient poussés tombant sur son visage salit qui lui donnait un air plus inquiétant. Il admirait ses biceps dans l'eau, en si peu de temps son entrainement avait porté ses fruits, ne serait-ce qu'à cause du poids de la lourde épée qui ne le quittait plus. Colin s'inquiêta en pensant à sa mère, depuis cette terrible tragédie la pauvre n'avait cessé de dépérir comme si elle se laissait mourir et les médecins étaient des plus pessimistes à son sujet. Si seulement il y avait quelque chose qu'il aurait pu faire. Une fois encore Colin se sentit démuni. Il aurait voulu être plus grand, plus fort, plus intelligent, pouvoir protéger tous les êtres qui lui sont chers.
Il ne pouvait s'empêcher de repenser à ce que lui avait dit la vieille femme «Si tu veux sauver tout ce qui est cher à tes yeux tu dois combattre Morgan ». Il se mis à rêver qu'il devenait un héros et qu'il tuait Morgan et pour la première fois depuis trois mois un sourrire s'esquissa sur son visage. La vieille femme était encore sur le camp, une ancienne conseillère à ce qu'on lui ont avait dit, dont l'aide avait autrefois permis de gagner de nombreuses batailles. On la disait sénile maintenant mais on la respectait toujours pour ce qu'elle avait été.
Colin sortit de ses pensées, et se hâta de rentrer au chevet de sa mère. La femme était allongée et semblait avoir de la fièvre. Le vieux Amadeus assis à côté veillait sur elle. « Mon fils » s'écria t'elle lorsque Colin s'approcha. « Je suis là mère, ne bougez pas ». Il lui pris la main et s'assis à côté d'elle. « Mon Colin, à quoi tu ressembles maintenant , un vrai petit homme » dit-elle en écartant les mèches de cheveux du visage de son fils.
Au loin la foule s'agitait, les messagers étaient de retour.

Chapitre 3

Chapitre 3 : Le Prince Noir

Morgan attendait sous sa tente. La nuit était froide. Des cris d'ivrognes se mélaient à des plaintes de torture, tout le camp était en fête, fier de cette brillante victoire. « La plus belle femme que tu n'ai jamais vu » lui avait promis Nekor, son ami et maitre d'armes. Morgan fêtait ce soir sa vingt-deuxième année et on lui avait réservé une surprise de taille.
Il ne pouvait s'empêcher d'appréhender, comme à chaque fois, ce moment. Il avait grandit dans un environnement exclusivement masculin et depuis toujours son père ne cessait de lui répêter « méfie toi des femmes, elles te feront tourner la tête pour mieux te poignarder dès qu'elles en auront l'occasion ». Aussi toujours avait'il suivi ce sage conseil et s'était bien gardé de les approcher, si ce n'est quelques esclaves auxquelles il s'était attaché sans que cela n'aille plus loin. Il n'avait pas non plus connu sa mère, morte juste après sa naissance, et d'un certain côté, ne préferait pas savoir ce qu'il s'était passé entre elle et son père.
Des bruits de pas se firent entendre et le rideau de la tente se souleva, Morgan aperçut la silhouette de Nekor. Ce barbare de deux mètres au crane chauve possédait quelque chose de bestial qui avait toujours inspiré la crainte chez ses ennemis. « Entre » lui dit Morgan.
L'homme entra, trainant derrière lui une frèle jeune fille enchainée. Son compagnon ne lui avait pas menti, elle était magnifique. De longs cheveux d'un noir intense tombaient sur ses épaules, encadrant un visage parfait, le tout porté par une silhouette fine et allongée bien qu'un peut trop maigre aux yeux de Nekor. Des yeux sombres semblaient refléter tout le malheur qui l'accablait.
- Quel est ton nom ? questionna Morgan
La jeune fille aux paupières gonflées par les larmes resta muette.
- Répond ! S'énerva Nekor en lui poussant la tête.
- Mi... Mirna.
- Je te la laisse s'écria Nekor, j'en ai une autre à matter, dit'il en riant, amuse toi bien.
Il quitta la tente en riant grossièrement. Mirna restait plantée là, les yeux baissés. Morgan la détailla des yeux encore un moment. Il ne pouvait pas dire un mot. Au bout d'un moment qui sembla une éternité il lui dit enfin « relêve la tête ». La jeune femme s'executa et Morgan pu lire dans ses yeux tout le dégout et la haine qu'elle éprouvait. Cette expression sembla amuser le chevalier. Il est vrai que Morgan n'était pas tant impressionant pour son physique que pour les histoires sordides qui le précédait.
- Estime toi heureuse, tu aurais pu être tuée, dit'il en jouant avec une mèche de ses propres cheveux.
- Mais j'aurai préféré, rencherrit elle avec pour la première fois un air de défi. Pourquoi est-ce que vous faites ça ? Dominer les trois quart d'Edonia ne vous suffisait donc pas ? Vous voulez détruire jusqu'à chaque centimètre de terre ?
Morgan ricana. « Tsss, tout cela te dépasse. »
Il la comtempla et réalisa soudain que s'il lui tournait le dos ne serait-ce qu'une seconde cette magnifique créature n'hésiterait pas à essayer de le tuer malgré les lourdes chaines qui lui enserraient les poignets. Cette idée l'amusait encore plus.
A ce moment là, tout soldat de l'armée de Kull se serait jeté sur la jeune fille pour en abuser, mais Morgan restait figé. La jeune femme semblait avait sur lui une emprise qu'il ne soupçonnait pas et le cruel assassin était maintenant un enfant. Conscient de son trouble il décida d'écourter la tension ambiante en attachant la jeune fille au centre de la pièce puis d'aller se coucher en lui tournant le dos.
- Je te dégoutte ? Lui lanca t'elle toujours par défi.
Morgan rouvrit les yeux et fit mine de ne pas entendre. Cette petite ne manquait décidément pas de tempérament. Il aurait pu se lever et lui trancher la gorge comme à tant d'autres esclaves avant elle. Il n'en fit rien. Il ne bougea pas, et referma les yeux.

Chapitre 2

Chapitre 2 : De Bien Tristes Nouvelles

- Non ! Ce n'est pas possible, par tous les dieux, père, Shiru ! Pourquoi !
Le vieil Amadeus venait d'apprendre les terribles nouvelles du front à la Reine Dorine et son fils. Dans les bras de sa mère en pleurs, les poings du jeune Colin se serraient et son visage embué de larmes se troublait d'une expression nouvelle, la haine. Le jeune homme savait qu'il n'aurait pu en être autrement, pourtant jusqu'au dernier moment il avait espérer une fin différente.
- Comment des hommes peuvent-ils être aussi cruels, s'exclama la reine.
- Je crains que l'influence néfaste des Orcs n'ai eu raison de leur humanité ma Reine, répondit Amadeus.
- C'est Korkull et lui seul le responsable, rétorqua Colin, Les Orcs sont cruels mais stupides, seuls des hommes peuvent être assez machiaveliques pour engendrer une telle folie.
- Le jeune Colin n'a pas tout à fait tort, répondit Amadeus. Il fit entrer un serviteur qui lui apporta l'épée du défunt roi, s'en saisit puis la déposa près de Colin avant de se retirer.
Colin et sa mère avaient trouvé refuge dans les ruines de l'antique cité d'Hydregor, aujourd'hui recouverte d'une abondante jungle. Hydregor était devenu le refuge de tous ceux qui avaient fui la tyrannie de Korkull et qu'on appellait communément les rebelles.
« Morgan ...», Colin répeta ce nom plusieurs fois dans ses pensées.
Les nouvelles avaient fait le tour du camp. Tous savaient comment Morgan s'était débarassé de Shiru et comment le roi Armon était tombé. A présent des murmures s'élevaient, « nous sommes les prochains », « personne n'en sortira vivant ».
Colin s'isola, il avait besoin de rester seul. Il n'arrivait pas à réaliser que tout ceci était vraiment en train d'arriver. Lui qui vivait il y a encore quelques jours dans la chaleur d'un foyer uni et en paix. Tout son monde venait de s'écrouler. Pourtant les nouvelles rapportaient bien la progression du Seigneur Noir mais toujours l'on eu cru qu'une cité comme Armonia n'eu pas à en craindre les répercussions. Et Armonia, comme les autres, était tombée. Le dernier rempart contre le mal n'était plus.
Le soir une assemblée fût montée et le jeune Colin, dernier descendant mâle de la lignée royale d'Armonia fût décidé roi. Les conseillers en exil s'inquiétèrent de la suite des actions à mener :
- Au nord, les elfes nos alliés se rallient maintenant à Korkull !
- Nous les avons trop longtemps méprisés, ils ruminent leur rancoeur depuis longtemps.
- Nous nous sommes crus tout puissants mais nous aurions bien besoin de leur appuis maintenant.
- Les elfes sont une race brave et fière, je ne peux imaginer qu'ils se soumettent à l'autorité d'un tyrant!
- Et quand est-il des géants de la vallée Golom ?
- Nous n'avons plus de nouvelles depuis des semaines.
Les perspectives de salut semblaient utopiques. Certains décidèrent qu'il fallait se rendre, que c'était la seule façon d'éviter la mort, mais d'autres plus courageux rétorquèrent « pour que nos femmes et nos filles leur servent d'esclaves, je préfère encore mourir l'arme à la main ». Colin les écoutait palabrer d'une oreille distraite.
On célébra ensuite une cérémonie en la mémoire des disparus, de longues nuées de fumée s'élevaient dans le ciel pour accompagner les âmes dans l'autre monde. Les visages transpiraient la tristesse et le deuil.
Alors qu'il prenait congé, il sembla au jeune Colin qu'on l'attrapait par le bras pour le tirer à l'écart :
- Mais, qu'est-ce que...
- Chut, répondit une voix de femme
Une fois dans les buissons, celle-ci découvrit son visage. Il s'agissait d'une vieille femme ridée vétue de longs haillons déchirés.
- Ecoute moi bien, j'ai servie ton père et ton grand père durant les guerres elfiques, mes conseils ont fait d'eux les hommes qu'ils sont devenus.
- ...
- Ecoute attentivement, je suppose que tu as entendu parler de la légende de l'élu qui viendra rétablir l'équilibre sur Edonia ?
- Comme tout le monde.
- Tu dois la croire petit, il y a encore un espoir de stopper le mal.
La vieille femme parlait sans s'arrêter d'un air fébrile, elle semblait possédée.
- Désolé, il est temps que je parte, s'impatienta Colin.
La vieille femme l'attrapa par les épaules et le plaqua contre un arbre, approchant son visage du sien.
- Si tu veux sauver tout ce qui est cher à tes yeux tu dois combattre Morgan le Prince Noir, tel est ton destin.
Colin se libéra de l'étreinte de la vieille femme et repris ses esprits.
- Vous êtes folle.
Il s'éloigna rapidement et rejoigna les siens. Sa mère était là, endormie, avec ses boucles blondes qui lui tombait sur les épaules. Il la contempla un instant et remonta sa couverture, « pauvre femme » pensa t' il. Il s'étendit finalement sur le maigre tapis de feuille qui lui servait de couche. Le feu qui se consummait à côté de lui ne suffisait pas à réchauffer son coeur blessé. Avant de trouver le sommeil, très tard dans la nuit, il se répéta à nouveau ce nom : « Morgan », les mains cripsées sur l'épée de son père.

Chapitre 1

Chapitre 1 : La fin d'Armonia

Armonia, la grande, la belle, dernière cité prospère sur les terres d'Edonia vivait ses derniers instants. La cité circulaire faisait bien dix kilomètres de diamètre et était entourée d'une grande et solide muraille qui avait durant longtemps dissuadait ses ennemis. Située à la croisée des routes du Nord et du Sud elle était un lieu prisé pour les échanges et ses marchés étaient parmis les plus fameux du monde. Le fleuve Stanix situé à proximité alimentait la ville en eau et les forêts environnantes procuraient de quoi vivre à toute la population.
Le roi Armon lacha la main de son épouse, la reine Dorine, et s'empara de ses équipements. Une terrible journée s'annonçait. Dans les rues, portes et fenêtres avaient été condamnées, seuls quelques animaux errants trainaient, insouciants du danger qui les menaçait. Les femmes et les enfants en larmes fûrent amenés dans la grande salle souterraine, trop petite pour les y accueillir tous. Quelques vieillards se saoulaient dans la taverne comme pour oublier la menace qui était sur le point de s'abbatre sur eux. Autour de la cité de longs piques avaient été plantés dans le sol pour ralentir l'assaut qui semblait imminent. Sur les remparts les archers crispaient leurs mains sur leurs arcs et priaient les dieux d'épargner leur vie et celle de leur famille.
Déjà trois lunes que la ville avait reçu une lettre de rémission. Mais jamais le grand Armon n'aurait laissé ce qu'il tenait de ses ancètres entre les mains du malin. Lui, ce grand guerrier, dont on conte encore les aventures les longues soirées d'hiver. Certes, il était vieux maintenant, les rides profondes sur son visage accusaient l'âge, mais son bras maniait l'épée aussi habilement qu'autrefois.
Le ciel se colora de lourds nuages noir, tandis que le vent glacial faisait frissoner les plus robustes. Le jeune prince Colin, agé de 17 ans, aux cheveux dorés et aux yeux bleus respirant l'innocence, se tenait dans ses appartements quand le vieux Amadeus, fidèle serviteur de la famille royale, amena les premières nouvelles « ils approchent Monseigneur ». Colin savait très bien ce qui attendait son peuple si la ville tombait, ils seraient réduits en esclavage, subiraient tortures et viols et finiraient par mourir de faim ou de maladies. Cette idée lui était insoutenable. Il s'approcha de la fenêtre de sa haute tour et regarda au loin.
Mille chevaux noirs soulevaient milles tonnes de poussières, le sol tremblait et l'on eu creut que la foudre était en train de s'y abbatre si l'on n'avait aperçu les étendards du Seigneur Noir Korkull, accompagné des Orcs menés par leur chef Ragnok et des vampires de Nasgard. Les Orcs étaient cupides et avaient le combat dans le sang, il n'avait pas été difficile pour Korkull de les acheter. Les vampires étaient des créatures fragiles mais leurs longues ailes leur permettait d'être des combattants redoutables.
Armon epperona son cheval et se hissa dessus, à ses côtés se tenait fièrement Shiru, son fils ainé, futur prétendant au trône. La Reine Dorine et son fils cadet fûrent amenés par Amadeus à l'abris par un long passage souterrain qui donnait sur les sous-bois, loin, très loin de la citadelle.
Personne n'osait ouvrir la bouche, tous savaient ce qu'il allait se passer ici. Sans un mot, Armon, suivi de son fils et des plus grands guerriers du royaume s'avancèrent vers les portes de la cité qui s'ouvrèrent lentement. Quelques minutes plus tard les premiers projectiles enflammés s'écrasèrent sur la muraille envoyant des hommes déchiquetés dans les airs, on pouvait entendre les cris stridents des vampires au loin mélés aux aboiement des chiens qui hurlaient à la mort.
Les flèches venant des deux camps pleuvaient dans le ciel. Armon commanda l'assaut « Soldats! Nos femmes et nos enfants ont grandis entre ces murs, nos ancètres les ont bati de leurs mains, repoussez l'ennemi et nos exploits seront connus jusque dans les cieux !», les deux armées lancées se rencontrèrent dans un bruit terrible de chair et de métal. Les vampires sautaient sur les chevaux des soldats pour leur dévorer la gorge, les orcs foncaient tête baissée dans la mélée, avides de sang et de mort. Les soldats d'Armonia inférieurs en nombre, essayaient tant bien que mal de résister à l'assaut et de pourfendre un maximum d'humains de la Grande Armée Noire, seules créatures avec qui ils luttaient à armes égales.
Au milieu du fracas ambiant se tenait Morgan, le Prince Noir et digne fils de Korkull. Ses longs cheveux bruns dissimulaient un visage aux traits fins mais inexpressifs, où de grands yeux verts inquiétants semblaient scruter le plus profond de votre âme. Morgan était craint de tous les soldats, même dans son propre camp. Sa cruauté était bien connue et la froideur avec laquelle il exécutait sa tâche le rendait d'autant plus effrayant. Une longue cape noire descendait sur ses épaules et flottait dans le vent alors qu'il s'abbatait sur ses ennemis.
Lorsque celui-ci aperçu Shiru, il s'écria : « Celui-ci est à moi »
Les kilos de muscle de sa monture s'élancèrent en direction du brave Shiru qui était fièrement décidé à prouver sa valeur au combat. Les deux hommes se rencontrèrent et leurs lames s'abbatirent l'une contre l'autre. Shiru était encore jeune mais doué dans le maniement des armes, n'avait'il pas reçu son entrainement du grand Armon en personne ? Les deux hommes se déchainaient, jonglant entre leur animal et leur épée, c'est finalement Morgan qui prit le dessus et enfonça sa lame entre les côtes de Shiru qui bascula à terre. Armon hurla de désespoir et s'élanca lui aussi en direction du meurtrier qui attendait, un léger sourire au coin des lèvres; avant même que le vieux roi n'est atteint le Prince Noir, les vampires lui arrachaient déjà le coeur.
Les soldats d'Armonia, n'ayant personne à leur tête, furent vite écrasés. La grande plaine était recouverte de sang et de cadavres. Les armées des ténèbres pénétrèrent la cité et écrasèrent tout sur leur passage. La salle souterraine qui cachait les femmes et les enfants fût trouvée et brulée avec ses occupants. Ceux qui n'avaient pu s'y réfugier courraient affolés dans les rues en hurlant, les bébés étaient explosés contre les murs, les femmes violées devant leurs maisons, les Orcs prenaient un malin plaisir à démembrer les vieillards. Seuls quelques hommes en civils essayaient encore de se battre, en vain. Le peu de survivant fût enchainé et rangé en longues files, les plus chanceux finiraient comme esclaves, les autres mourront dans des camps de travaux forcés.
Morgan mis pied à terre, s'avanca vers son père, le roi Korkull, et s'agenouilla fâce à lui. Il était impressionant avec sa lourde armure noire et son casque à cornes qui cachait toujours son visage. Il avait été, disait-on, défiguré par une femme, et leur vouait depuis une rancoeur sans fin. Rares étaient d'ailleurs ceux qui avaient pu voir son visage mutilé sans le payer de leur vie. Même Morgan ne pouvait s'empêcher d'éprouver une appréhension chaque fois qu'il s'adressait à lui. « La ville est sous notre contrôle père», « Bien, bien », répondit celui-ci. « Et les jeunes hommes ? », « Tous tués selon votre désir père », «Très bien, brûlez-tout maintenant ».
Les fontaines ne couleraient plus, dans les jardins ne pousseraient plus de fleurs, les marchés ne feraient plus le bonheur de personne et plus aucun chant ne s'éleverait du temple, les grands bâtiments qui faisaient autrefois le prestige de la cité jusque de l'autre côté du monde étaient désormais réduits en cendres. Ainsi s'est éteint la grande Armonia.

Préface

Qu'est-ce que ce blog ? Ce blog sera le support visuel de mon roman d'heroic fantasy. Un roman sans prétention, fait pour le plaisir par un amateur pour des amateurs. Une histoire que je trimballe depuis plusieurs années, écrite à la base pour servir de scénario pour un jeu vidéo RPG maker que je n'ai jamais fait. Je ne veux pas en dire trop à l'avance pour ne pas gacher le suspens. Je posterai ici au fur et à mesure les nouveaux chapitres de mon histoire, en me réservant le droit d'en modifier un à n'importe quel moment.
Bonne lecture.